Le lien entre consommation d’alcool et risque cardio-vasculaire est bien connu. L’âge moyen de la survenue d’un AVC est de 74 ans. Mais cette pathologie peut aussi toucher les jeunes. À partir de quelle consommation quotidienne d’alcool, les jeunes adultes ont-ils plus de risques de faire un AVC ?

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[EN VIDÉO] À quelle vitesse élimine-t-on l'alcool ? Depuis le tube digestif, l'alcool passe très vite dans le sang, d'où il atteint rapidement le cerveau, avec les effets que l'on sait. Le corps, ensuite, va métaboliser l'éthanol pour s'en nourrir. Mais ce phénomène-là est bien plus lent...

Les facteurs de risque des maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires, dont font partie les AVC (Accident Vasculaire Cérébral) sont aujourd'hui bien connus. Certains ne sont pas modifiables comme l'âge ou les antécédents personnels ou familiaux. Certains sont réversiblesréversibles : le bon équilibre du diabètediabète, la prise en charge d'un taux élevé de cholestérolcholestérol dans le sang, le tabagisme, le surpoids et... la consommation d’alcool. Les auteurs de cette étude parue dans le journal Neurology ont souhaité investiguer la question suivante : à partir de quelle quantité d'alcoolalcool consommée chaque jour le risque d'AVC est-il accru chez les jeunes adultes ?

Comment l’étude a-t-elle été menée ?

Les auteurs ont utilisé la base de donnéesbase de données de l'Assurance maladie coréenne. Les sujets inclus avaient entre 20 et 39 ans et ont participé durant quatre années consécutives à des bilans de santé annuels entre 2009 et 2012. Au total, 1 536 668 personnes ont été incluses. La consommation d'alcool des participants a été évaluée. Un score de 1 a été attribué pour une consommation hebdomadaire d'alcool égale ou supérieure à 105 grammes au moment de chaque bilan annuel.

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Dossier AVC : accident vasculaire cérébral

Un verre standard de boisson alcoolisée (250 ml de bière ou 100 ml de vin ou 30 ml de whisky) contient 10 grammes d'alcool pur. Une consommation de 105 grammes par semaine correspond donc à un verre et demi par jour. La somme des scores obtenus à chaque bilan annuel a été réalisée (de 0 à 4). Le critère de jugement principal était la survenue d'un AVC, ischémiqueischémique ou hémorragique. Au cours du suivi, 3 153 participants ont eu un AVC.

Il est important de modérer sa consommation d'alcool pour préserver sa santé. © Monticellllo, Fotolia
Il est important de modérer sa consommation d'alcool pour préserver sa santé. © Monticellllo, Fotolia

Un risque dès un verre et demi par jour !

Les personnes ayant consommé au moins 105 grammes d'alcool par semaine pendant 2, 3 ou 4 années consécutives avaient un risque accru de faire un AVC : 20 % de risque en plus. Le risque était dépendant du temps d'exposition : il était plus important pour la consommation pendant 3 ou 4 années que pour la consommation pendant 2 années seulement. Le risque était particulièrement marqué pour les AVC hémorragiques. Pour rappel, un AVC ischémique est lié à l'obstruction d'une artèreartère cérébrale par un caillotcaillot sanguin tandis qu'un AVC hémorragique est dû à un saignement intracérébral causé par l'hypertension artérielle.

Ces données apportent donc un nouvel éclairage sur les risques liés à la consommation d'alcool. Même une consommation d’alcool considérée comme modérée (dix verresverres par semaine) augmente le risque de faire un AVC chez l'adulte de moins de 40 ans. Pour rappel, le ministère des Solidarités et de la Santé a récemment fait une campagne d'informations. Le message était le suivant : « Pour votre santé, l'alcool c'est maximum 2 verres par jour et pas tous les jours ».