L'alcoolisme nécessite une prise en charge psychologique et médicamenteuse. © Andy Dean, Fotolia
Santé

Une hormone pour traiter l'alcoolisme

ActualitéClassé sous :alcoolisme , Addiction , cerveau

Un groupe international de chercheurs a testé une hormone pour réduire la prise d'alcool. Des tests réalisés sur les singes pour le moment, mais qui pourraient augurer de futurs essais sur les humains.

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[EN VIDÉO] À quelle vitesse élimine-t-on l'alcool ?  Depuis le tube digestif, l'alcool passe très vite dans le sang, d'où il atteint rapidement le cerveau, avec les effets que l'on sait. Le corps, ensuite, va métaboliser l'éthanol pour s'en nourrir. Mais ce phénomène-là est bien plus lent... 

On estime que 10 % des Français consomment de l'alcool tous les jours. Si pour la majorité d'entre eux, cette consommation n'est pas pathologique, d'autres souffrent d'une dépendance aux boissons alcoolisées. Le traitement de cette addiction est à la fois psychologique et médicamenteux. Dans le cas de la dépendance à l'alcool, les médicaments sont destinés à limiter ou à décourager la prise d'alcool. Une poignée de molécules sont commercialisées comme le baclofène ou le naltrexone.

Une hormone impliquée dans la dépendance à l'alcool

Un groupe international de chercheurs étudie les effets d'une hormone, FGF21 ou le facteur de croissance des fibroblastes 21, sur la consommation d'alcool. Après des résultats prometteurs chez la souris, les scientifiques ont testé FGF21 chez des primates non humains dépendant à l'alcool. 

L'hormone FGF21 est synthétisée par le foie et agit dans le cerveau pour réguler l'homéostasie énergétique. Récemment son rôle dans la régulation de la consommation d'alcool a été mis en avant. En effet, certains polymorphismes dans le gène codant pour FGF21 sont associés à une consommation d'alcool accrue.

Comparaison de la prise d'alcool entre les singes non traités (en noir) et traités (en rouge) avec l'analogue de FGF21. © Kyle H. Flippo et al. Cell Metabolism

Un traitement prometteur chez le singe

Les scientifiques ont administré une molécule analogue à FGF21 à plusieurs singes verts très dépendants à l'alcool. Le traitement a permis de réduire de moitié leur prise d'alcool en comparaison à des animaux non traités. Les singes ont d'abord reçu une dose de 1 mg/kg pendant huit jours, puis une dose de 2 mg/kg pendant les huit jours suivants. Les effets positifs du traitement sur la prise d'alcool sont apparus à partir du cinquième jour.

L'action de FGF21 dans le cerveau reste mal connue, mais le travail des scientifiques offre un premier aperçu. FGF21 agirait sur un sous-groupe de neurones présents dans l'amygdale basolatérale, une région interne du cerveau. L'excitation de ces neurones par FDF21 réduirait l'envie de consommer de l'alcool.

Avant d'envisager FDF21 ou un analogue comme traitement contre l'alcoolisme, la compréhension de son mécanisme d'action dans le cerveau doit être affinée. 

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