D’un côté, le sapin artificiel est réutilisable chaque année. De l’autre, le sapin naturel est biodégradable et stocke le CO2. Lequel choisir pour réduire au maximum son empreinte carbone ?

Un foyer français sur quatre a acheté un sapin de Noël en 2017, selon l'institut d'études Kantar TNS, soit sept millions de sapins écoulés par an. Il s'agit dans 84% de sapins naturels, contre 16% d'arbres artificiels. Mais est-il bien raisonnable de couper un arbre qui a mis entre 9 et 14 ans à pousser pour le conserver à peine quelques semaines dans un appartement ? L'option sapinsapin artificiel, qui se conserve plusieurs années, semble a priori plus durable.

Le sapin artificiel a un bilan carbone bien moins favorable

En réalité, les sapins artificiels fabriqués à partir de dérivés de pétrolepétrole ne sont pas plus écologiques. Une étude québécoise de 2009 a comparé le cycle de vie d'un sapin naturel faisant 150 km de transport et d'un sapin artificiel fabriqué en Chine et conservé six ans. Le bilan est largement favorable au premier, avec 3,1 kgkg de CO2CO2 émis contre 8,1 kg de CO2 par an pour le deuxième. Il faudrait donc garder son sapin artificiel près de 20 ans pour que son bilan carbone devienne favorable. En effet, le sapin naturel stocke le CO2 lors de sa croissance et peut être recyclé facilement.

Privilégiez un sapin cultiver en France pour réduire son empreinte carbone. © barmalini - Fotolia
Privilégiez un sapin cultiver en France pour réduire son empreinte carbone. © barmalini - Fotolia

Provenance, mode de culture, essence… Les bons choix pour un sapin plus écologique

Le sapin naturel s'en sort d'autant mieux que la majorité des arbres vendus en France ne sont arrachés dans la forêt mais cultivés spécialement pour Noël, sur une surface dédiée de plus de 5.000 hectares, principalement dans les régions du Morvan, Jura, Poitou et Bourgogne. Le Nordman, qui représente 75% des ventes, provient lui plus souvent de forêts européennes (Danemark ou Finlande). Le transport alourdit dans ce cas son bilan carbonecarbone ; n'hésitez pas à vous renseigner sur sa provenance. Ceci dit les forêts de conifères sont généralement pauvres en biodiversité et ont la réputation de participer à l'acidification des sols. Faux, répond l'Association Française du Sapin de Noël naturel (AFSNN) : «Une plantation de sapins de Noël reste en place au maximum 10 ans, la litièrelitière (branches mortes, aiguilles) responsable de l'acidification n'a donc pas le temps de se former. Enfin entre deux rotations de sapins de Noël, beaucoup de producteurs réalisent une interculture, céréalescéréales ou engrais verts qui fertilisent le sol», explique l'AFSNN.

Pour bénéficier d'un sapin de Noël écologique, privilégiez les labels «Plante bleue», certifiant des conditions d'exploitation raisonnées, ou Label Rouge, qui garantit un abattage après le 21 novembre et une densité de plantation moins élevée.

Un feu de cheminée émet autant de particules fines qu’un trajet de 3.500 km en voiture diesel. © Галина Сандалова - Fotolia
Un feu de cheminée émet autant de particules fines qu’un trajet de 3.500 km en voiture diesel. © Галина Сандалова - Fotolia

Que faire de son sapin après les fêtes ?

Attention à la fin de vie du sapin : 16% des sapins sont simplement jetés, 44% sont déposés à un point de collecte et 31% sont recyclés directement par les consommateurs en boisbois de cheminéecheminée ou compostcompost. Une option pas forcément écologique : «Une journée de chauffage au bois avec une cheminée équivaut en émissionsémissions de particules à environ 3.500 kilomètres au volant d'un véhicule diesel», note ainsi Charlotte Songeur, ingénieure de l'Observatoire de l'airair en Ile-de-France. Dans ce cas privilégiez un foyer ferméfoyer fermé avec un système haute performance qui permet de réduire par 30 les particules émises par rapport à un foyer ouvert selon l'Ademe. Encore mieux : de plus en plus d'enseignes proposent de replanter votre sapin en pot après les fêtes.