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Quelques points sur la biologie de l'Agame de La Réunion "Calotes versicolor"

Dossier - Agame, animal insolite, lézard tropical
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A la découverte de l'Agame, faussement appelé « Caméléon » . Petit reptile fréquemment rencontré dans les jardins ou dans les sous-bois, assez méconnu du grand public.

  
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Les agames appartiennent à la famille des agamidés (trente-quatre genres et plus de trois cents espèces) de l'ordre des squamates (lézards et serpents). Les agames stricto sensu forment le genre Agama, mais on donne parfois le nom d'agames à tous les membres de cette grande famille. Cette famille des agamidés occupe essentiellement les continents africain et asiatique, mais se rencontre également en Australie ; 6 espèces habitent le sud-est de l'Europe.

© Crédit photo Fred Gendre - Philippe Mespoulhé - Tous droits de reproduction interdit

Notre lézard introduit à La Réunion, dans des boutures de canne à sucre, de l'île de Java (Sud-Est asiatique) vers la fin du XIX ième siècle répond au doux nom de Calotes versicolor.

© Crédit photo Fred Gendre - Philippe Mespoulhé - Tous droits de reproduction interdit

Sa répartition géographique couvre l'Indonésie, la Malaisie, le Sri Lanka, l'Inde, le Sud de la Chine, l'Ile Maurice, Rodrigues...

Les agames mesurent entre 20 et 40 cm environ et vivent exclusivement le jour. Ils habitent les zones ouvertes de type savane, mais se rencontrent fréquemment près des habitations. La plupart sont terrestres ou semi arboricoles. Grâce à leurs pattes puissantes, ce sont d'excellents grimpeurs qu'il n'est pas rare de voir escalader les murs ou les arbres. Ils passent la nuit dans les arbres ou dans des terriers, et s'activent le jour à la recherche d'insectes ou, pour certaines espèces, de végétaux.

© Crédit photo Fred Gendre - Philippe Mespoulhé - Tous droits de reproduction interdit

Le mâle présente une robe dans les gris et les bruns adaptée au camouflage mais, à la saison des amours, se pare de couleurs soutenues telles que l'orange ou le rouge. Ces couleurs, exemple type de caractères sexuels secondaires, qui n'ont alors plus de fonction de camouflage, jouent un rôle dans la communication visuelle entre les partenaires sexuels potentiels.

Les œufs ovoïdes, une dizaine, sont pondus dans un petit terrier creusé par la femelle présentant une taille plus petite que celle du mâle. A l'éclosion, ces juvéniles devront se débrouiller tout seul dans un écosystème impitoyable.

© Crédit photo Fred Gendre - Philippe Mespoulhé - Tous droits de reproduction interdit

Au quotidien, les agames chassent , se réchauffent, s'enfuient au moindre bruit, écoutent et analysent leur environnement. Ne pratiquant pas l'autotomie (cf. définition ci-dessus), il est très facile de les attraper par la queue pour le plus grand plaisir des enfants. Victimes des chats, des chiens et des voitures, l'agame n'a que la fuite aux démarrages impressionnants pour tenter de subsister dans ce contexte naturel.

L'agame fait partie du patrimoine de La Réunion avec un rôle non négligeable dans l'équilibre des différents écosystèmes qu'ils fréquentent. Véritable petit dinosaure miniature, ce représentant de l'Ordre des Squamates est le plus facile à observer, sur les 14 espèces trouvées sur l'île. Il n'est pas protégé par décret préfectoral, contrairement au caméléon, au gecko vert et au gecko de Manapany. Son absence de cette liste, n'exclut évidemment pas tout le respect et toute mesure de protection qu'il mérite...

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Gardons le en mémoire…