Ces araignées peuvent rester sous l'eau pendant 30 minutes !

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[EN VIDÉO] Une araignée qui respire sous l'eau grâce à ses poils  Pour fuir ses prédateurs, cette araignée se réfugie sous l'eau, et se protège ensuite grâce à la couche hydrophobe créée par ses poils ! 

Et ce n'est pas une araignée aquatique ! Mais semi-aquatique : cette espèce d'Amérique du Sud se nourrit de petits insectes présents dans l'eau qu'elle attrape cependant depuis la terre. Mais sa particularité réside ailleurs : elle utilise un procédé étrange pour se cacher des prédateurs. Là où certains tentent l'intimidation ou se camouflent, Trechalea extensa plonge sous l'eau et attend patiemment que les prédateurs partent ! En l'occurrence, dans l'étude qui a observé ce comportement et qui a été publiée dans la revue Ethology, il s'agissait d'humains. Mais comment tient-elle en apnée pendant aussi longtemps ?

Les chercheurs expliquent que ce sont en fait ses poils qui lui permettent de réaliser cet exploit : sa cuticule pilaire plus exactement, aussi appelée épidermicule. Elle correspond à la partie la plus externe de la tige pilaire, donc du poil. Sa forme particulière sur Trechalea extensa permet à cette dernière de créer une surface hydrophobe tout autour de son corps, qui empêche le passage de l'eau. Grâce à cela, elle peut non seulement respirer, mais la couche d'air la protège aussi du froid de l'eau.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel mécanisme est constaté dans la nature. Un lézard du Costa Rica, observé par la même équipe d'éthologues, a été capable de rester sous l'eau pendant 16 minutes pour se cacher des prédateurs. Car, comme le dit l'étude, « la menace de prédation oblige souvent les animaux à chercher refuge dans des habitats inhabituels ou sous-optimaux ». Ainsi, tous les moyens sont bons pour échapper à ses assaillants.

Mais les chercheurs questionnent l'utilisation de ce procédé qui possède tout de même de nombreux risques : « risque de prédation, oui, mais aussi risque des coûts qu'ils subiront en fuyant. Pour certaines espèces, cela signifie laisser un territoire ou des partenaires sans surveillance, ou peut-être dépenser de l'énergie stockée dans un sprint. Chez cette espèce, les risques potentiels liés à l'utilisation d'un refuge sous-marin peuvent inclure un manque de respiration et une perte de chaleur corporelle. Il y a beaucoup d'autres questions à creuser à partir de cette première observation », a conclu Lindsey Swierk, première auteure de l'étude.

Cette araignée tropicale utilise comme un film d'air pour se protéger lorsqu'elle est sous l'eau. © Lindsey Swierk