Portrait de Casper, le poulpe fantôme découvert en février 2016. © NOAA

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Casper, le poulpe fantôme : à peine découvert, déjà menacé

ActualitéClassé sous :zoologie , pieuvre , octopus

Découvert il y a moins d'un an, le poulpe fantôme surnommé Casper, vivant à plus de 4.000 m de profondeur, pourrait être menacé par la demande croissante de métaux rares utilisés par l'électronique et l'informatique.

Cette étrange pieuvre des abysses ressemble à un petit fantôme  En mer, les abysses font sans doute partie des endroits les moins connus de la planète. Globalement inexplorés, ils regorgent d’une faune étonnante, comme cette petite pieuvre découverte récemment par la National Oceanic And Atmospheric Administration (NOAA). La voici en vidéo, dans son milieu naturel, au large d'Hawaï. 

En février 2016, le robot explorateur des fonds sous-marins Deep Discovery avait fait la rencontre inattendue, à plus de 4.290 m de profondeur au large des petites îles Necker dans l'archipel d'Hawaï, d'un poulpe dépourvu de branchies et mesurant une dizaine de centimètres. C'était une surprise car, jusque-là, les chercheurs n'imaginaient pas en observer à plus de 2.600 m de profondeur.

La vidéo publiée sur Internet devint très vite très populaire : plus centaines de milliers de vues en quelques jours. L'aspect de l'adorable poulpe fantôme lui valut le surnom de Casper, du nom du personnage imaginé pour un film d'animation. Malheureusement, il est menacé. C'est ce qu'affirment les scientifiques partis à sa rencontre qui expliquent que le sort de ce mollusque céphalopode dépend de sites très convoités par les fabricants d'ordinateurs, tablettes et autres smartphones...

Champ de nodules polymétalliques de type C photographié par le sous-marin Nautile dans le Pacifique équatorial nord. © Ifremer, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Casper sous la menace des exploitations minières

Ils ont en effet découvert qu'à l'instar d'autres créatures des abysses, ces octopodes vivant à plus de 4.000 m de profondeur déposent leurs œufs sur les squelettes d'éponges mortes qui ont poussé sur des concrétions rocheuses appelées nodules polymétalliques. Pour tous ces animaux, ce sont les seuls points d'ancrage possibles dans cet environnement dominé par la vase.

De croissance très lente (un centimètre en plusieurs millions d'années), ces nodules sont très riches en manganèse, fer, silicium, aluminium, nickel, cuivre et cobalt. Ils intéressent beaucoup les compagnies minières à la recherche de ces métaux rares nécessaires à la fabrication de composants électroniques. La demande est très forte, comme on peut s'en douter.

« Les entreprises s'y intéressent, car ils contiennent des métaux "high-tech" utilisés dans la production de téléphones portables et d'équipements informatiques, déclare l'un des auteurs de l'étude publiée dans la revue Current Biology, Autun Purser. Et la plupart des endroits abritant ces métaux ont été trouvés. Aussi deviennent-ils de plus en plus chers à l'achat. »

Hélas, il n'est pas sûr que les exploitants renoncent à déranger les fonds océaniques. En attendant la création et l'élargissement de sanctuaires marins, souhaitons qu'une partie puisse être épargnée à l'avenir, protégée dans la réserve de Papahanaumokuakea, la deuxième plus grande du monde, mise en place en août 2016 par le président américain Barack Obama dans les eaux qui entourent l'archipel d'Hawaï.

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