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Les météorites, une menace pour une base lunaire ?

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En janvier dernier, des astronomes ont observé une explosion de météorite sur la Lune. En percutant la surface, le corps y a creusé un cratère de trois mètres de diamètre et a dégagé une puissance équivalente à 70 kilogrammes de dynamite.

Signature sismique d'un module d'Apollo 12 entré en collision avec la Lune, le 20 Novembre 1969 Cette signature servira de référence pour rechercher d'autres impacts météoritiques (Crédits : NASA)

De telles explosions sont fréquentes sur la Lune. Si la menace des météorites ne pesait pas sur les astronautes des missions Apollo, qui restaient peu de temps sur notre satellite, qu'en sera-t-il pour les hommes amenés à y établir une base durable ? C'est justement la question que se sont posée Bill Cooke, du centre Marshall, et sa collègue Anne Diekmann du MSFC.

Combien de météorites percutent chaque jour la surface de la Lune ? Bonne question ! (Crédits : NASA/MSFC)

Une base lunaire : des risques supplémentaires

En mettant bout à bout toutes les missions Apollo, les hommes ont passé moins de deux semaines sur la Lune. Autant dire que, sur une si courte durée, le risque pour eux d'être frappés par une météorite était minime.

Cependant, la NASA prévoit d'envoyer prochainement de nouveaux astronautes sur notre satellite, voire d'y établir une base durable. Et comme le fait remarquer à juste titre Bill Cooke, du Marshall Space Flight Center, « On ignore combien de météorites touchent la Lune chaque jour. Nos meilleures estimations proviennent du Standard Meteoroid Model, un outil utilisé par la NASA pour évaluer les risques encourus par la station spatiale internationale et le shuttle ». Hélas, ce modèle s'applique difficilement à la Lune, étant donné qu'il ne prend en compte que les météorites atteignant les couches supérieures de l'atmosphère terrestre, ainsi que les météorites observées dans le ciel à la faveur de la nuit...

Les météorites ne menaçaient pas les astronautes des missions Apollo. Mais qu'en serait-il pour une base habitée ? (Crédits : NASA)

Les données des missions Apollo

Aussi, Bill Cooke avait besoin de données supplémentaires pour évaluer convenablement les risques. Ces données, ce sont les sismomètres des missions Apollo 12, 14, 15 et 16 qui les lui ont fournies. Et justement, le professeur de génie civil et de géologie Clive R. Neal et son équipe de planétologues venaient de les réexaminer pour déterminer avec précision la nature des tremblements de Lune.

Sur les 12.000 événements sismiques enregistrés par les instruments, moins de la moitié ont été identifiés : parmi eux, 3.000 tremblements de Lunes, 1.700 impacts de météorites et 9 sondes entrées volontairement en collision avec notre satellite.

Que dire des milliers d'autres ? Pour répondre à cette question, les scientifiques traitent actuellement les données par des moyens modernes, en utilisant comme références les signatures sismiques des sondes américaines qui se sont écrasées sur la Lune. En théorie, les signaux d'impacts météoritiques devraient présenter un profil proche de ces dernières.

Bill Cooke et son équipe comptent détecter toutes les météorites de plus de 10 centimètres de diamètre et de plus d'un kilogramme qui ont percuté la Lune entre 1969 et1977. Le Standard Model avance un nombre de 400 par an. Si Bill Cooke et Anne Diekmann aboutissent à un résultat nettement supérieur, il y a de fortes chances pour que la NASA doive revoir sa copie concernant l'établissement d'une base lunaire durable...