Il y a 7 300 ans avait lieu une terrible éruption volcanique au sud du Japon. Grâce à de nouvelles observations du fond marin, des scientifiques révèlent qu’il s’agirait bien de la plus puissante éruption des derniers 11 700 ans. Voici ce qu'il s'est passé.


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    Né de la convergence entre plusieurs plaques tectoniques, le Japon est une terre de volcans. L'archipel se situe en effet sur la Ceinture de Feu du PacifiqueCeinture de Feu du Pacifique, qui se caractérise par un intense volcanisme. Et cette activité ne date pas d'hier. En témoignent les nombreux édifices volcaniques que l'on peu observer à terre, comme au fond de l'océan. L'une des structures les plus imposantes connue à ce jour est ainsi la caldeiracaldeira de Kikai.

    Revivez l'histoire spectaculaire et tragique de l'une des plus grandes éruptions de l'Histoire de l'humanité, celle de la montagne Pelée, et de l'homme qui a enquêté sur ses circonstances. © Futura

    L’histoire volcanique d’une immense caldeira

    Situé au sud de l'archipel, ce vaste complexe volcanique est en réalité constitué de deux caldeiras, mesurant 20 et 17 kilomètres de diamètre. Les îles actuelles de Iojima et de Takeshima représentent ainsi d'anciens volcans situés sur le bord de cette vaste dépression dont la formation initiale daterait de 140 000 ans, à la suite de plusieurs éruptions volcaniques catastrophiques.

    Emplacement de la caldeira de Kikai, au sud du Japon © Batholith, <em>Wikimedia Commons</em>, domaine public
    Emplacement de la caldeira de Kikai, au sud du Japon © Batholith, Wikimedia Commons, domaine public

    Mais l'histoire éruptiveéruptive de la caldeira de Kikai ne semble pas s'être arrêtée là. Une équipe de scientifiques de l'université de Kobe au Japon a en effet conduit une expédition océanique dans le but de mieux comprendre l'histoire volcanique de ce complexe. Imagerie sismique et échantillonnageséchantillonnages de sédiments ont ainsi été réalisés dans la zone afin notamment d'expliquer la présence jusqu'alors énigmatique de dépôts de coulées pyroclastiquescoulées pyroclastiques sous-marines.

    La plus puissante éruption de la période géologique actuelle

    Lors d'une éruption, certains volcans n'éjectent pas seulement de la lavelave, mais également d'énormes volumesvolumes de cendres et de gazgaz portés à haute température. Ce mélange va alors dévaler les flancs du volcan à très grande vitessevitesse sous la forme d'un nuagenuage ou d'une avalancheavalanche. Lorsque ce phénomène à lieu à l'airair libre, au niveau de volcan émergés, on parle souvent de nuées ardentes. En contexte océanique, on parlera de coulées pyroclastiques. Le matériel transporté va finir par se déposer sur le fond, formant une couche de sédiments bien caractéristique dont l'épaisseur et l'extension peuvent aider à déterminer la puissance de l'éruption.

    Les données acquises lors de la campagne en mer ont ainsi permis de dater ces dépôts et d'estimer leurs volumes. Ils auraient été émis il y a 7 300 ans lors d'une importante éruption volcaniqueéruption volcanique connue sous le nom de Kikai-Akahoya. 4 500 km2 de fond océanique auraient ainsi été recouverts de ces sédiments, ce qui représente entre 133 et 183 km3 de débris pyroclastiques. Ces résultats, publiés dans le Journal of Volcanology and Geothermal Research, indiquent qu'il s'agirait donc là de la plus puissante éruption connue à ce jour pour la période Holocène, c'est-à-dire pour les derniers 11 700 ans de l'histoire terrestre.

    Représentation de l'éruption de Kikai-Akahoya, qui est certainement la plus puissante connue à ce jour pour la période Holocène © SHIMIZU Satoshi, cc by
    Représentation de l'éruption de Kikai-Akahoya, qui est certainement la plus puissante connue à ce jour pour la période Holocène © SHIMIZU Satoshi, cc by

    Cette éruption est d'ailleurs considérée comme étant à l'origine de la fin de la culture Jōmon présente alors sur l'île japonaise de Kyūshū.

    Mieux comprendre les mécanismes de propagation des coulées pyroclastiques pour mieux s’en protéger

    L'étude des dépôts de la coulée pyroclastique ont également permis de mieux comprendre les mécanismes de ce phénomène volcanique. Les résultats indiquent que la coulée s'est ainsi propagée sur plus de 40 kilomètres à partir de la source, avec notamment la capacité à remonter les pentes du relief sous-marinsous-marin. Cette étude permet de mieux estimer le risque volcanique induit par ce type de volcans et donc de mieux s'en protéger.