Les dinosaures théropodes tels que ce Tyrannosaurus avaient le sang chaud, une caractéristique qu'ils ont transmise aux oiseaux actuels. © warpaintcobra, Adobe Stock
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Les grands dinosaures prédateurs avaient le sang chaud, comme les oiseaux !

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Les oiseaux actuels ont le sang chaud mais qu'en est-il de leurs ancêtres, les dinosaures non-aviens ? Des chercheurs ont analysé les molécules issues du métabolisme d'allosaure, de diplodocus, de plésiosaure ou encore de stégosaure et en déduisent que les dinosaures avaient le sang chaud... mais pas tous.

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Comment les animaux régulent-ils leur température interne ? Il existe au sujet de cette question, plusieurs catégories d'animaux : ceux dont la température corporelle est constante (animaux homéothermes) et qui possèdent aussi souvent un métabolisme capable de produire de la chaleur (animaux endothermes). D'autres espèces, pour lesquelles la chaleur provient du milieu extérieur (animaux ectothermes), ont souvent une température interne qui varie en fonction de celle du milieu extérieur (animaux poïkilothermes).

La majorité des mammifères sont dans la première catégorie et sont dits « à sang chaud » tandis que les reptiles sont majoritairement dans la seconde catégorie et sont donc dits « à sang froid ». S'il est aisé de déterminer parmi les espèces actuelles lesquelles sont capables de produire de la chaleur et lesquelles ont un métabolisme qui dépend largement du climat extérieur, cette question est beaucoup plus débattue en ce qui concerne les espèces éteintes et notamment les dinosaures non aviens.

Des dinosaures à sang chaud, d'autres à sang froid  

Une récente étude parue dans le journal Nature présente des résultats nouveaux à ce sujet. Jusqu'alors, il était supposé que certains de ces dinosaures disparus avaient le sang chaud et ceci avait notamment été déduit indirectement à partir des os et des taux de croissance des spécimens et de l'épaisseur de la coquille des œufs. Or, dans l'étude récemment parue, les auteurs ont analysé les molécules fossilisées présentes dans des tissus mous de dinosaures. Ces molécules ont été produites à la suite des réactions métaboliques comprenant l'utilisation de l'oxygène, lequel est notamment impliqué dans le maintien d'une température corporelle constante.

Les auteurs ont fait le constat suivant : certains dinosaures seulement avaient le sang chaud

L'analyse de la quantité et de la qualité de ces molécules fournit donc une indication directe du taux métabolique des dinosaures. Les auteurs ont ainsi cherché ces molécules grâce à de la spectroscopie sur plusieurs os d'espèces variées appartenant non seulement à des dinosaures éteints mais également à des oiseaux actuels, à des ptérosaures, des plésiosaures, des lézards et des mammifères. En comparant les données obtenues chez les espèces éteintes avec celles déterminées chez les espèces actuelles, les auteurs ont fait le constat suivant : certains dinosaures seulement avaient le sang chaud.

Les allosaures et autres théropodes devaient avoir le sang chaud et des taux métaboliques élevés. © Daniel Eskridge, Adobe Stock

Les saurischiens, qui regroupent notamment les théropodes (TyannosaurusAllosaurusVelociraptor et les oiseaux actuels) et les sauropodomorphes (DiplodocusBrachiosaurus, Argentinosaurus) avaient en effet le sang chaud comme leurs ancêtres. Le groupe-frère des saurischiens qui est celui des ornithischiens, regroupe en revanche des dinosaures (tels que TriceratopsStegosaurus et Hadrosaurus) ayant perdu leur capacité de thermorégulation au cours du temps.

Les ornithischiens, dont font partie les hadrosaures, ont vraisemblablement perdu la capacité de thermorégulation de leurs ancêtres au cours de leur évolution. © Daniel Eskridge, Adobe Stock

Les oiseaux actuels ont donc conservé cette capacité à l'endothermie qu'avaient leurs ancêtres et cela a peut-être contribué à la survie de cette lignée de dinosaures après la crise du Crétacé. Les auteurs indiquent par ailleurs que la capacité de thermorégulation est apparue indépendamment au Trias chez trois groupes d'organismes différents : les dinosaures, les plésiosaures et les mammifères. L'analyse des molécules par spectroscopie pourrait enfin bien devenir un moyen non invasif de comprendre comment certains organismes ont survécu aux extinctions de masse.

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