Sous les yeux du satellite Suomi-NP, l'incendie dévastateur qui sévit dans le nord-ouest du Canada dévoile son étendue. Les températures élevées et les vents violents ont attisé les nombreux foyers d’incendie. Près de 90.000 habitants de la ville de Fort McMurray, coupée en deux par les flammes, ont dû être évacués en urgence.
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Le satellite de la NOAANOAA et de la NasaNasa, Suomi-NPP, ou S-NPP, pour Suomi National Polar-orbiting Partnership, a été lancé en 2011 pour réaliser une large gamme de mesures des systèmes océaniques, terrestres et atmosphériques, afin d'améliorer les prévisions météorologiquesprévisions météorologiques et de suivre le changement climatiquechangement climatique. Cette semaine, il a ouvert l'œilœil sur les incendies qui font ragerage depuis le 1er mai dans la province d'Alberta, au Canada.

Une image datant du 4 mai réalisée le jour avec l'instrument VIIRS (Visible Infrared Imaging Radiometer Suite) montre les nombreux foyersfoyers de cet immense feu de forêt qui a déjà ravagé plus de 10.000 hectares. Un autre cliché, réalisé quelques heures plus tard, le 5 mai à 9 h 56 TU, en utilisant sa « bande jour-nuit » sensible à la faible luminositéluminosité, a permis de l'observer en condition nocturnenocturne (image ci-dessous).

Ce jour-là, plus de 250 pompiers luttaient au sol contre les flammes de cet incendie de forêt aux causes encore indéterminées. Il n'est malheureusement pas rare que la région soit touchée par les feux de forêt, mais cela intervient généralement plus tard dans la saisonsaison. Celui-ci profite de la sécheressesécheresse, des ventsvents forts et des températures exceptionnelles, supérieures à 30 °C. Des renfortsrenforts militaires sont attendus pour mieux contenir ce brasier sans précédent.

Image nocturne réalisée avec l’instrument VIIRS du satellite Suomi-NPP de l’incendie ravageant la région de Fort McMurray, dans la province d’Alberta, au Canada. Les zones les plus brillantes signalent les foyers actifs. Les taches grises montrent les nuages de fumée. Non loin de là, on distingue les champs d’exploitation de sable bitumineux. Les industries pétrolières présentes sont au ralenti, se concentrant sur l’accueil des habitants, dont beaucoup, d'ailleurs, y travaillent. © UWM, SSEC, CIMSS, William Straka III

Image nocturne réalisée avec l’instrument VIIRS du satellite Suomi-NPP de l’incendie ravageant la région de Fort McMurray, dans la province d’Alberta, au Canada. Les zones les plus brillantes signalent les foyers actifs. Les taches grises montrent les nuages de fumée. Non loin de là, on distingue les champs d’exploitation de sable bitumineux. Les industries pétrolières présentes sont au ralenti, se concentrant sur l’accueil des habitants, dont beaucoup, d'ailleurs, y travaillent. © UWM, SSEC, CIMSS, William Straka III

La plus grande évacuation de population de l’histoire du Canada

Son expansion rapide et hors de contrôle a conduit les autorités à déclarer l'état d'urgence dans la province d'Alberta. Prise d'assaut par les flammes, la ville de Fort McMurray, capitale des sables bitumineux au Canada (66 % de la production), s'est retrouvée divisée en deux. Environ 90.000 personnes ont été forcées d'évacuer - c'est la plus importante de l'histoire du pays - : 70.000 par le sud et près de 20.000 par le nord. Une partie par des ponts aériens et une autre par la route, ce qui n'a pas manqué de provoquer d'énormes embouteillages. Pour dépanner ceux qui étaient à court d'essence, des camions-citernes ont été dépêchés sur place.

Nombre d'habitants ont été accueillis dans les camps de travailleurs des exploitations de ces hydrocarbures non conventionnelshydrocarbures non conventionnels, plus au nord. Plus de 1.600 maisons et bâtiments ont été complètement détruits. La fumée épaisse qui filtre toutes les couleurscouleurs sauf le rouge, l'orange et le rose, a peint le ciel en rouge-sang ; la cendre continue de neiger sur une ville devenue fantôme et ses environs. La Première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a déclaré que la plupart des habitants ne pourront sans doute jamais retourner dans leurs maisons. Le coût pour les assurances a été estimé pour l'instant à plus de 6 milliards de dollars. Le 5 mai, les vents violents poussaient l'incendie vers le sud.