Une image saisie par la caméra Meris (Medium Resolution Imaging Spectrometer) du satellite Envisat le 29 juillet 2010, avec une résolution de 300 mètres. Commentaire de l'Esa : « Plusieurs gros panaches de fumée provenant de feux de tourbe et d'incendies de forêts sont visibles sur cette image prise par Envisat et qui couvre la région à l’est de Moscou. La ville elle-même apparaît dans le coin inférieur gauche de l’image. Les panaches de fumées s’étirent sur plusieurs centaines de kilomètres et, combinés avec la pollution de l’air habituelle de l’agglomération moscovite, ils peuvent entraîner des niveaux de pollution dix fois plus élevés que ceux normalement enregistrés dans la capitale ».

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En images : les incendies en Russie vus de l'espace

ActualitéClassé sous :météorologie , Astronautique , incendie en Russie

Plus de 20.000 incendies ravagent la Russie, faisant déjà une cinquantaine de victimes. Le feu menace maintenant des installations nucléaires et militaires. Les satellites, dans le visible ou l'infrarouge, fournissent des images édifiantes sur l'ampleur de la catastrophe.

La semaine dernière, des incendies ont commencé à apparaître dans les tourbières et dans les forêts en Russie et se sont propagés sans retenue malgré la mobilisation de dizaines de milliers de pompiers, de militaires et de volontaires. Les autorités ont dénombré 23.656 foyers et, hier, la fumée s'est invitée à Moscou avant de se dissiper ce jeudi matin.

On dénombre plus de trois cents blessés et, actuellement, cinquante morts. Le centre nucléaire militaire de Sarov est menacé par les flammes et le matériel nucléaire a dû être évacué. La semaine dernière, une base militaire de l'aéronavale, à Shchurov, non loin de Moscou, a été détruite.

Une image des feux de forêt aux alentours de Moscou saisie le 4 août 2010 par le satellite Metop-A, grâce au radiomètre AVHRR, et diffusée par Eumetsat. On distingue les énormes panaches de fumée qui ont frôlé la capitale russe mais qui s'éloignent vers le nord-est. © Eumetsat

Une image des feux de forêt aux alentours de Moscou saisie le 4 août 2010 par le satellite Metop-A, grâce au radiomètre AVHRR, et diffusée par Eumetsat. On distingue les énormes panaches de fumée qui ont frôlé la capitale russe mais qui s'éloignent vers le nord-est. © Eumetsat

La cause première de cette catastrophe est la chaleur. La canicule est à peu près sans précédent connu dans le pays. Le thermomètre a dépassé 38°C à Moscou et les spécialistes russes estiment que le pays n'a pas subi de telles températures depuis 130 ans.

Tourbières trop sèches

La gestion des forêts et des sols commence cependant à être mise en cause également. Sur France-Culture, Marie-Hélène Mandrillon, spécialiste de l'histoire environnementale de l'URSS et de la Russie, a rappelé qu'une loi promulguée en 2007 a modifié le code forestier, transférant la gestion des forêts aux gouvernements locaux.

Les forêts ont depuis lors, explique-t-elle, été laissées à l'abandon ou, du moins, ont cessé d'être exploitées comme des ressources naturelles. Plus loin dans le passé, à l'époque soviétique, de nombreux marais ont été asséchés, devenant ensuite des tourbières sèches.

Depuis les foyers d'incendie, des nuages de fumées s'étendent sur de vastes étendues dans une région urbanisée du nord de l'Oural. Les fronts des incendies sont nettement visibles. © Landsat/Scanex RDC

Depuis les foyers d'incendie, des nuages de fumées s'étendent sur de vastes étendues dans une région urbanisée du nord de l'Oural. Les fronts des incendies sont nettement visibles. © Landsat/Scanex RDC

Depuis l'espace, plusieurs satellites ont pu repérer ces incendies. Envisat, notamment, grâce à son instrument Meris, a pu suivre leur évolution. L'Esa, opérateur de cet énorme satellite d'observation de l'environnement (plus de huit tonnes), vient de fournir une image de la région de Moscou. Spot-4 (France, Cnes) et Landsat-5 (Etats-Unis) ont eux aussi braqué leurs instruments sur ces incendies de forêts.

Pendant ce temps, au sol, la lutte se poursuit. Environ 700.000 hectares de forêts ont disparu. Selon les autorités russes, il resterait actuellement 520 foyers, couvrant près de 190.000 hectares.

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