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Avec FireSat, la Nasa veut détecter les départs d'incendies depuis l'espace

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Afin de lutter plus efficacement contre les feux de forêt, la Nasa veut utiliser des détecteurs thermiques installés sur des satellites en orbite terrestre basse. Baptisé FireSat, ce réseau d'alerte sera opérationnel 24 heures sur 24 et pourra transmettre des images géolocalisées en basse résolution aux équipes d'intervention les plus proches. Encore faut-il que le projet aboutisse...

En s’appuyant sur un réseau de 200 capteurs thermiques embarqués dans des satellites, le projet FireSat de la Nasa veut améliorer sensiblement la détection des départs de feu, mais aussi des explosions, du torchage illégal ou encore des fuites d’hydrocarbures. © Nasa JPL, Quadra Pi R2E

Alors que les dernières études tendent à montrer que les périodes propices aux incendies de forêt sont à la fois plus longues et plus fréquentes, la détection des départs de feu devient un enjeu crucial. Depuis 2011, le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa travaille sur un projet nommé FireSat. Il consiste à déployer un réseau de 200 capteurs thermiques via une constellation de satellites placés en orbite terrestre basse afin de repérer dans un délai très court les débuts d'incendies. Après plusieurs années de travail pour définir les besoins et les contours techniques de ce projet, le JPL vient d'annoncer que le système devrait être opérationnel à partir de juin 2018.

FireSat sera en mesure de détecter les incendies dont l'étendue serait au minimum de dix à quinze mètres en une quinzaine de minutes après leur déclenchement. Il ne faudrait pas plus de trois minutes pour qu'une image en basse résolution soit transmise directement aux équipes d'intervention les plus proches du sinistre via une application mobile. S'il existe déjà des systèmes de détection des incendies depuis l'espace, à l'instar de celui installé dans le satellite Terra (Modis ou Moderate resolution imaging spectroradiometer), les relevés ne se font que ponctuellement dans la journée et les images haute résolution prennent du temps à être transmises.

Avec FireSat, l'observation se fera en permanence et quasiment en temps réel. Par ailleurs, chaque photo sera géolocalisée et accompagnée d'informations sur le périmètre, l'intensité et le mouvement du feu en cours. Le JPL précise que ce réseau de capteurs pourra également servir à localiser des explosions, des fuites de pétrole, du torchage illégal et « d'autres événements dangereux autour du globe qui impliquent une hausse de la température ».

Profiter d’un réseau de satellites en orbite basse pour déployer des capteurs thermiques qui surveilleront la planète afin de détecter les départs d’incendies : le concept peut faire l’unanimité sur le papier mais le financement n’en reste pas moins incertain. © Nasa JPL, Quadra Pi R2E

Une incertitude pèse sur le financement

FireSat est un « projet environnemental à but non lucratif » pour lequel la Nasa s'est associée avec la jeune pousse californienne Quadra Pi R2E. Cette dernière se présente comme un chef de projet qui va superviser le développement technique et commercial tout en gérant la problématique du financement. À cette fin, Quadra Pi R2E a lancé une campagne sur le site de financement participatif KickStarter pour, dit-elle, évaluer l'intérêt du grand public. « Les résultats de cette campagne serviront à mobiliser le travail de conception initial du JPL et à éclairer la prise de décision d'organismes privés et publics qui évaluent actuellement un soutien à ce projet », explique Quadra Pi R2E. Selon cette dernière, l'enveloppe globale pour FireSat est de 30 millions de dollars.

Le modèle économique repose sur une commercialisation de l'accès aux données sous forme d'un abonnement auquel pourraient souscrire les services de secours et d'intervention, des parcs naturels, des services publics mais aussi des compagnies d'assurance, des cabinets d'avocats, des groupes environnementaux et d'autres acteurs susceptibles d'être intéressés par ce type de données.

La campagne KickStarter a débuté le 19 novembre et n'a pour le moment récolté qu'un peu plus de 5.200 dollars (environ 4.900 euros au cours actuel) sur les 280.000 dollars (environ 264.000 euros) escomptés. Outre l'objectif de financement, il faut également négocier un partenariat avec un « hôte » prêt à accepter l'intégration des modules FireSat dans ses satellites. Le JPL ne cite d'ailleurs pas les candidats potentiels. Mais Quadra Pi R2E reconnaît que « très peu d'organisations construisent des constellations de plus de 200 satellites et, parmi elles, rares sont celles qui envisagent d'héberger des charges utiles ». Malgré l'horizon 2018 fixé par la Nasa, le conditionnel reste donc de mise.

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