La formation néoprotérozoïque de Browne est une unité stratigraphique bien datée de roches sédimentaires chimiques et siliciclastiques bien conservées ,trouvées dans le sous-sol du centre de l'Australie. © Yann Arthus-Bertrand
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Des micro-organismes de 830 millions d’années piégés dans un minéral

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Des géologues ont trouvé des traces de micro-organismes au centre de l'Australie dans un minéral datant de 830 millions d'années. Cette étude pourrait être une des clés pour déterminer s'il y a eu de la vie sur Mars.

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Trois géologues de l'université de Virginie-Occidentale (West Virginia University), Sara Schreder-Gomes, Kathleen Benison et Jeremiah Bernau, ont publié un article dans la revue Geology le 6 mai dernier. Ils ont découvert que des inclusions de fluides primaires, dans l'halite de la formation de Browne, renferment des solides et des liquides organiques. L'halite provient de l'évaporation des lacs ou mers salés qui va créer des roches fortement concentrées en sel, appelées roches évaporitiques. L'échantillon étudié est originaire du centre de l'Australie et a été formé il y a 830 millions d'années.

Les traces organiques trouvées dans cette halite ont été déterminées par la méthode de la lumière transmise qui a permis de décrire la taille, la forme et la couleur des matières organiques, et grâce à la méthode de la pétrographie ultraviolette visible (UV-vis) qui montre une réponse fluorescente pour tout micro-organisme et composé organique présents. Ces techniques ont permis de constater que l'échantillon d'halite renfermait des cellules de procaryotes, d’eucaryotes et des composés organiques. Il a également été observé que les inclusions de fluides dans lesquels sont piégés ces micro-organismes leur servent de microhabitats et ont permis une conservation exceptionnelle de ces derniers. 

L'halite est un composant de nombreuses roches évaporitiques. Elle se forme par le dépôt de sel après une forte évaporation d'un lac ou d'une mer salés et apparaît en efflorescence sur de vastes régions arides. © Wikipédia, Hans-Joachim Engelhardt, CC by-sa 4.0

Ces micro-organismes sont-ils vivants ?

Pour survivre à des environnements très salés, certains organismes comme des algues rétrécissent et réduisent leur activité biologique, puis attendent de meilleures conditions pour se réveiller. 

Cependant, on ne sait pas encore si des organismes peuvent hiberner aussi longtemps. La plus ancienne halite dans laquelle des procaryotes ont été extraits vivants date d'environ 250 millions d'années, il est donc envisageable que ces micro-organismes retrouvés en Australie puissent l'être également.

Encore récemment, il était suggéré que le rayonnement solaire détruisait la matière organique sur de longues périodes. Mais la découverte de ces micro-organismes dans l'halite de la formation de Browne datant de 830 Ma est une preuve solide que la matière organique peut se conserver dans des cristaux de dépôt sur un long temps géologique.

La formation de l'halite est assez simple : un peu d'eau, un peu de sel et une grosse évaporation. Mars a connu autrefois des bassins remplis d'eau salée dans lesquels de l'halite a pu se créer par évaporation. L'halite peut être un moyen pour voir si Mars a déjà abrité des organismes vivants. © dottedyeti, Adobe Stock

Un moyen de trouver de la vie sur Mars ? 

L'halite de la formation de Browne est similaire en structure et caractéristiques avec des roches martiennes. En effet, Mars a connu autrefois des espaces d'eau salée dans lesquels de l'halite a pu se créer par évaporation. Les résultats de cette étude suggèrent donc la possibilité d'une préservation similaire de microfossiles dans les roches sédimentaires de Mars, et peuvent donc être un nouveau moyen d'investigation pour savoir si Mars a déjà abrité la vie. 

Les vieilles roches sédimentaires, terrestres et extraterrestres, ont donc encore beaucoup à offrir en matière d'informations sur le passé et il est donc essentiel que les géologues les considèrent comme des objets pouvant être composés de vie. 
 

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