Les bousiers sont une espèce moderne de coléoptère. © Matthias, Adobe Stock
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Des coléoptères cachés dans des fèces fossilisées depuis 230 millions d'années !

ActualitéClassé sous :Fossile , dinosaure , insectes

Des paléontologues ont mis le doigt sur une découverte prometteuse : des coléoptères. Mais pas n'importe lesquels. Il s'agit de coléoptères enfermés depuis plusieurs millions d'années dans les excréments fossilisés d'un ancêtre des dinosaures. 

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[EN VIDÉO] Ce petit dinosaure volait de branche en branche il y a 163 millions d’années  Ambopteryx longibrachium est un nouveau petit dinosaure dont le fossile a été découvert par un paysan aux abords de son village en Chine en 2017. Regardez comment cette créature se déplaçait dans la forêt où il chassait au cours du Jurassique supérieur. Ses ailes membraneuses lui permettaient de s’essayer au vol bien avant les oiseaux. 

« Je n'aurais jamais pensé que nous serions en mesure de découvrir ce que le précurseur triasique des dinosaures mangeait pour le dîner. » Grzegorz Niedźwiedzki est paléontologue à l'Université d'Uppsala, en Suède, et l'un des auteurs d'une étude récemment parue dans Current Biology. Le précurseur « triasique » des dinosaures qu'il mentionne est Silesaurus opolensis, tout petit, quelque 15 kilos, considéré comme un ancêtre des dinosaures. Il y a 230 millions d'années, ce dinosauriforme vivait sur ce qui est aujourd'hui la Pologne. Il s'y nourrissait... et il y faisait ses besoins. Une existence des plus banales qui a pourtant réservé une belle surprise à nos scientifiques modernes.

Parmi l'une de ses déjections fossilisées, autrement nommées « coprolithes », une équipe internationale de chercheurs a déniché des coléoptères. Une nouvelle espèce est particulièrement présente : Triamyxa coprolithica (Coprolithica... Vous l'avez ?), dont quelques spécimens sont merveilleusement conservés. Leurs pattes délicates et leurs fragiles antennes sont en excellent état. Les paléontologues ont pu, grâce à une technique de microtomographie synchroton, reconstruire en 3D ces individus sans les déloger de leur cercueil fossilisé. Une chance, car l'étude des coléoptères du Trias « repose presque exclusivement sur des fossiles aplatis », soulignent-ils dans l'étude, appuyant sur la « préservation limitée des caractères ».

 Triamyxa coprolithica est le premier insecte décrit à partir de spécimens dans des coprolithes. © Qvarnström et al., Current Biology

Une fenêtre sur le passé

D'après l'analyse phylogénétique des chercheurs, Triamyxa coprolithica serait le seul membre - à ce jour - d'une lignée éteinte du sous-ordre Myxophaga, actuellement représentée par d'autres espèces. Celles-ci, de petite taille, se délectent d'algues au sein d'environnements humides. Le coléoptère découvert est également de petite taille. Si petite qu'il n'aurait pas été la seule proie ciblée lors du repas de Silesaurus opolensis. Les coprolithes examinés renferment d'ailleurs d'autres coléoptères, dont l'état de conservation est bien moins intéressant.

Ces coléoptères sont la preuve que des coprolithes peuvent préserver des restes d'insectes, avec parfois la même qualité que l'ambre. Mais la « fenêtre temporelle de l'ambre » est restreinte dans le temps au Crétacé-Néogène (-145 à -2,5 millions d'années). Avant, le Trias (-252 à -201 millions d'années) a été une « période cruciale pour l'évolution précoce et la diversification des insectes », rappellent les auteurs. Ce qui rend les fèces fossilisées d'autant plus précieuses pour la recherche.

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