Reconstitution d'un Lystrosaurus. © Dinopédia
Planète

Des créatures auraient survécu à l'extinction du Permien-Trias grâce à l'hibernation

ActualitéClassé sous :Fossile , hibernation , Lystrosaurus

Dans les défenses d'un animal vivant au Trias, le Lystrosaurus, les scientifiques auraient trouvé le plus ancien témoignage d'hibernation. Un atout peut-être pour survivre à l'extinction du Permien-Trias.

L’hibernation est une stratégie utilisée par beaucoup d'animaux modernes des régions polaires pour lutter contre le froid. Lorsque les températures baissent, que la nourriture et le soleil se font rares, les animaux qui hibernent voient leur métabolisme ralentir progressivement et leur température corporelle diminuer.

Il y a 250 millions d'années, une créature aurait aussi connu des phases de torpeur. Le Lystrosaurus, un animal à petites défenses, lointain ancêtre des mammifères, vivait dans une région qui va de l'Antarctique à l'Afrique du Sud (les continents étaient alors rassemblés dans la Pangée). 

Un duo de scientifiques d'Harvard et de l'université de Washington a comparé les défenses fossilisées de deux populations : une qui vivait en Antarctique et l'autre dans le bassin de Karoo en Afrique du Sud. La dentine des individus vivant en Antarctique montre des cernes de stress très rapprochés qui suggèrent un état de torpeur.

C'est le témoignage le plus ancien du phénomène d'hibernation. Il avait été décrit précédemment pour des rongeurs vivant au Pléistocène (-2,5 millions d'années à -11.700 ans).

Illustration d'un Lystrosaurus. © Crystal Shin

Les dents comme témoins du stress métabolique

Comme les cernes d'un arbre, la dentine garde les traces des changements métaboliques. C'est le principal composant des défenses des Lystrosaurus, qui croissent constamment durant leur vie. À intervalle régulier, un fin cerne de croissance marque la dentine, mais lorsque l'animal subit un stress, c'est un cerne plus épais qui apparaît. 

Les chercheurs ont donc étudié l'épaisseur et la fréquence d'apparition des cernes dans la dentine des défenses de Lystrosaurus de l'Antarctique et d'Afrique du Sud. Sur les défenses de la population antarctique, les chercheurs ont observé des regroupements de cernes épais et resserrés qui n'existent pas chez la population sud-africaine. Le regroupement de ces cernes suggère un état de stress de longue durée, qui intervient plusieurs fois dans la vie de l'animal. 

Des motifs similaires ont été observés dans la dentine des incisives (qui poussent continuellement) de rongeurs qui hibernent. Le regroupement de ces cernes de stress est appelé « zone d'hibernation ». Par comparaison, les scientifiques suggèrent que les Lystrosaurus de l'Antarctique, à la différence de ceux d'Afrique du Sud, auraient pu connaître des phases de torpeur saisonnières. Mais cette étude n'en apporte pas la preuve formelle, juste des éléments préliminaires.

Les chercheurs ont réalisé une coupe transversale de la défense fossilisée d'un Lystrosaurus pour y analyser les cernes de croissance. Le carré (image du haut) montre un endroit où les cernes sont épais et rapprochés, signe d'un stress métabolique pouvant correspondre à une torpeur. L'image b montre des cernes de croissance régulière en absence de stress, entre chaque cerne, la dentine pousse. © Megan R. Whitney, Communications Biology 2020

Dormir pour mieux survivre

Cette adaptation propre aux individus de l'Antarctique leur aurait permis de mieux survivre au climat de la région. On ne sait pas bien encore à quoi ressemblait la météo à cette époque, mais tout porte à croire que l'Antarctique n'était pas recouvert de glace comme aujourd'hui. Des fossiles de plantes et d'une grande diversité d'animaux indiquent que le continent était « accueillant » au moins une partie de l'année.

Les scientifiques pensent aussi qu'ils creusaient des terriers, peut-être pour hiberner. Il y a 250 millions d'années, la Terre a connu une extinction massive, l’extinction du Permien-Trias. De nombreux fossiles de Lystrosaurus datant du début du Trias ont été exhumés, suggérant que cette espèce fait partie des 30 % des animaux vivant sur les continents à avoir survécu.

Cela vous intéressera aussi
Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !