La pollution aux particules fines représente actuellement un véritable enjeu de santé publique. Si le milieu urbain est particulièrement touché à cause de la présence de nombreuses sources comme les transports et l’industrie, une nouvelle étude révèle que les zones rurales sont également impactées. En cause, les pratiques agricoles.


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    On les appelle les PM2,5. Ces minuscules particules (PM pour Particulate matter) que l'on retrouve en suspension dans l'airair ne mesurent que 2,5 micromètresmicromètres de diamètre et présentent actuellement un véritable problème sanitaire. De nature très diverse, ces particules fines de la taille d'une bactériebactérie pénètrent en effet notre corps, augmentant le risque de développer des maladies respiratoires, cardiovasculaires et neurodégénératives. Considérées comme une pollution, ces particules que l'on trouve dans l'air, mais aussi dans l'eau, seraient ainsi la cause de nombreux décès prématurés, notamment dans les zones où l'exposition est chronique.

    Les transports sont une source importante de particules fines en milieu urbain. © Семен Саливанчук, Adobe Stock
    Les transports sont une source importante de particules fines en milieu urbain. © Семен Саливанчук, Adobe Stock

    Des particules fines en ville mais aussi à a campagne

    Les sources des particules fines sont nombreuses et expliquent la grande diversité de leur composition chimique. Combustion du bois de chauffage et du fioulfioul, transport routier via la combustioncombustion du diesel et de l'essence, usure des pneuspneus et des freins, transport ferroviaire, rejets d'activités industrielles diverses, traitement des déchets..., autant d'activités humaines qui détériorent la qualité de l'air en produisant des particules fines nocives pour la santé. Il apparaît ainsi que les habitants d'Ile-de-France sont exposés à des taux de PM2,5 supérieurs aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santéOrganisation mondiale de la santé (OMS).

    La quasi-totalité des Européens respirent un air pollué aux particules fines. © Andriej Trubitzyn, Adobe Stock
    La quasi-totalité des Européens respirent un air pollué aux particules fines. © Andriej Trubitzyn, Adobe Stock

    Si l’environnement urbain semble le plus concerné par cette pollution, aucune région n'est épargnée. Les zones agricoles seraient d'ailleurs tout autant exposées.

    Des pics de pollution aux particules fines en lien avec les activités agricoles

    Une nouvelle étude, publiée dans la revue Chemosphere, montre en effet que nos pratiques agricoles sont une source importante de particules fines, et que son impact serait comparable à celui de l'urbanisation, de l'industrie et du transport. L'agriculture, notamment le travail des champs de maïsmaïs et de céréales, contribuerait ainsi à produire des pics temporaires de pollution.

    Ces résultats ont été obtenus par analyses de données satellites, combinées à des modèles atmosphériques. Les chercheurs ont ainsi pu observer les concentrations en PM2,5 et leur distribution spatiale, notamment en Lombardie, une région du nord de l'Italie. Ces observations ont été comparées à des bases de donnéesbases de données indiquant l'utilisation des sols dans la région.

    Une pollution d’origine agricole que l’on retrouve en ville

    Si les concentrations apparaissent plus fortes au niveau des champs de maïs et de céréales, et plutôt faibles au niveau des cultures de riz, il reste à déterminer clairement quelles activités sont précisément à l'origine de ces pics de pollution aux particules fines. Il pourrait s'agir notamment de la combustion de résidus de cultures ou encore le déversement de fertilisants et de fumier. Ce dernier est en effet une source importante d'ammoniacammoniac. Or, cet élément chimiqueélément chimique réagit dans l'atmosphère avec d'autres gazgaz, menant à la formation de particules fines. Dans ce cas, la dispersion de ces particules est facilitée : elles peuvent ainsi voyager sur des centaines de kilomètres par jour. Il semblerait d'ailleurs qu'une large part de la pollution au PM2,5 des zones urbaines provienne des activités agricoles.

    Les chercheurs espèrent que ces résultats aideront les pouvoirs publics et sanitaires à mieux évaluer les sources de cette pollution et à mettre en place des mesures appropriées pour lutter contre elles.