Planète

Vivre sans essence : les technologies alternatives

ActualitéClassé sous :développement durable , essence , Déplétion pétrolière

Peut-on vivre sans essence ? Le service d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (STOA) du Parlement européen pense que oui (mais a-t-il vraiment le choix devant la déplétion pétrolière ?), et vient de publier un rapport permettant de comparer entre elles les vingt technologies alternatives les plus prometteuses en matière de circulation routière et aérienne.

Evolution schématisée de l'écart entre l'offre et la demande des ressources pétrolières mondiales. Source : Yves Cochet, député français et auteur d'ouvrages sur le sujet.

Le rapport regroupe ces possibilités en cinq technologies, à savoir les piles à combustible, l'électricité, les véhicules hybrides, les biocarburants et le gaz naturel.

Piles à combustible

Les piles à combustible sont nettement mises en avant par la commission, du moins dans le domaine du transport routier. Il s'agit d'une technologie où la production de l'électricité se fait par l'oxydation d'un combustible (comme l'hydrogène) sur une électrode, couplée à la réduction d'un oxydant (tel l'oxygène de l'air) sur l'autre électrode. La réaction de l'oxydation de l'hydrogène, dans ce cas, est accélérée par un catalyseur, généralement du platine.

Le principal inconvénient de cette technologie reste bien entendu la production et l'approvisionnement en hydrogène, non seulement en raison des risques liés à sa manipulation, mais aussi de son origine. Il n'existe en effet à l'état naturel sur terre que sous une forme combinée à l'oxygène (H2O), au soufre (H2S) et au carbone (tous les combustibles fossiles, gaz ou pétrole). Son extraction implique donc actuellement de consommer ces combustibles fossiles, ou de l'extraire à partir de l'eau, ce qui réclame une importante quantité d'énergie de départ, que l'on ne voit pas comment à obtenir à faible coût. D'autres méthodes de fabrication sont envisagées au moyen d'énergies renouvelables et propres (éolien, solaire, géothermie...) mais il est actuellement impossible de mesurer l'impact de celles-ci sur l'aspect économique de la production, autrement dit d'en déterminer la rentabilité.

Véhicule à pile à combustible. Source : STOA

Electricité

La production de véhicules purement électriques a pu autrefois paraître une solution d'avenir, alors que l'on espérait perfectionner et optimiser les solutions de stockage d'électricité. Malheureusement, les contraintes sont telles qu'à ce jour, et malgré des décennies de recherches, les ingénieurs n'arrivent pas à obtenir de méthode satisfaisante et cette solution se heurte toujours au poids et à l'encombrement des indispensables batteries.

Moteurs hybrides

Seconde possibilité, les moteurs hybrides. Celle-ci n'est pas particulièrement novatrice, puisqu'elle implique partiellement les carburants fossiles actuels. L'aspect intéressant réside dans l'amélioration des performances des moteurs à combustion interne qui, si elles ont atteint un plafond difficile voire impossible à améliorer en l'état actuel, peut cependant l'être en association avec une source d'énergie différente, telle l'électricité ou la pile à combustible. Le STOA estime que d'ici 20 à 30 ans, la plus grande partie des véhicules seront construits selon cette technique.

Biocarburants

Les biocarburants, autre groupe important, se heurtent à de nombreuses contraintes à la fois environnementales et économiques, mais aussi agricoles. Leur production, qu'il s'agisse de biodiésel ou de bioéthanol, se fait actuellement à partir de maïs, de canne à sucre ou de colza, qui nécessitent d'énormes quantités d'eau pour leur culture. Ainsi au Brésil, une gigantesque inflation du prix des ressources alimentaires cultivées s'est produite en raison de la carence en eau provoquée par la culture destinée aux biocarburants, pour laquelle le pays est pourtant cité en exemple... sans toutefois en mentionner les inconvénients.

Une seconde génération de biocarburants pourrait apporter une solution, consistant à utiliser cette fois l'entièreté de la biomasse (végétaux énergétiques, résidus agricoles et forestiers ou la partie organique des déchets solides ménagers), mais là encore, cette technologie reste expérimentale et il est trop tôt pour en estimer la rentabilité.

Gaz naturel comprimé

Reste une possibilité, mettant en œuvre le gaz naturel sous une forme comprimée (GNC, ou gaz naturel comprimé). Mais il est probable que cette solution ne s'imposera que pour des applications pratiques dites "de niche", telles les grands parcs de matériel roulant comme les transports en commun ou le matériel utilitaire des centres urbains, car basée sur l'utilisation d'un combustible fossile, elle ne pourra que constituer une technologie transitoire.

Une seule chose est certaine, c'est qu'aucune des technologies existantes ne peut prendre à elle seule le relais des combustibles fossiles. Il est ainsi probable que la production d'énergie, dans un proche avenir, soit répartie entre des sources diversifiées faisant appel dans des proportions encore indéterminées à des secteurs variés, tels l'éolien, l'hydraulique, la géothermie, le nucléaire et d'autres.

Cela vous intéressera aussi