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Le toit du monde fond sous le soleil du réchauffement

ActualitéClassé sous :climatologie , himalaya , glaciologue

Une équipe internationale a analysé des carottes glaciaires prélevées à haute altitude sur le flanc chinois du mont Everest, révélant deux mille ans de climat. Verdict : un accroissement important - mais pour l'instant non chiffré - des fontes estivales au cours du vingtième siècle.

Les glaciologues chinois et leurs yacks à l'assaut du glacier East Rongbuk, près du Col Nord de Sagarmatha (en népalais), alias Chomolungma (en tibétain), alias mont Everest. Crédit : Shugui Hou/Careeri/Chine

En 2001 et en 2002, une expédition de scientifiques chinois a réussi un exploit : grimper avec armes et bagages à 6 518 mètres, au-dessus du glacier East Rongbuk, sur le Col Nord, l'une des voies d'accès au mont Everest. Les scientifiques étaient alors à cinq kilomètres du toit du monde. Trois carottes ont pu être forées, remontant jusqu'à une période de 2000 ans en arrière.

La situation exceptionnelle de ce forage n'est pas seulement symbolique. La chaîne de l'Himalaya, tout comme l'immense plateau tibétain que domine l'Everest, sont des régions fort peu documentées sur le plan climatologique.

L'analyse de ces données a pris des années et monopolisé plusieurs équipes chinoises, russes, américaines et françaises. Le laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE), de l'Université Joseph Fourier (Grenoble), et le laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE, Université de Versailles Saint-Quentin) ont ainsi participé à la datation.

Compter les bulles

Pour décrypter les informations sur le climat, un nouvel indicateur a été utilisé : la quantité de gaz piégé dans les bulles de la glace, qui renseigne sur la chaleur estivale. En effet, en été, la neige de surface, exposée à l'air chaud, se met à fondre, s'écoule à travers le manteau neigeux et finit par geler à nouveau. La taille et le nombre des bulles d'air emprisonnées dans la glace dépendent de l'intensité de ce phénomène. Plus il fait chaud et pendant longtemps, moins il y a d'air dans les bulles. On peut ainsi estimer l'ampleur du réchauffement survenu pendant chaque été.

Il n'est pas encore possible de remonter à des températures précises mais, en valeurs relatives, le verdict est sans appel : au cours du vingtième siècle, le réchauffement estivale s'est amplifié. On peut donc affirmer que la modification du climat a aussi affecté l'Himalaya...

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