2017 fut une année chaude à l'échelle de la planète. L'Australie a connu en janvier 2018 des températures inédites. © Bits and Splits, Fotolia

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2017, année très chaude en Australie, pourtant sans El Niño

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Il n'y a pas eu d'El Niño en 2017. Pourtant, l'année a été très chaude au niveau mondial. Actuellement, les températures sont particulièrement élevées en Australie.

L'Australie a suffoqué en 2017, sa troisième année la plus chaude jamais recensée, et ce malgré l'absence du courant équatorial chaud du Pacifique El Niño, selon des statistiques officielles publiées mercredi. Sept des dix années les plus chaudes vécues par le vaste pays-continent sont survenues après 2005, et seule l'année 2011 s'est révélée plus fraîche que la moyenne, explique le Bureau de la météorologie (BOM) dans son rapport annuel sur le climat.

Les températures diurnes comme nocturnes ont été plus élevées que la moyenne, en particulier les températures maximales.

« Malgré l'absence d'El Niño, qui est normalement associé à nos années les plus chaudes, l'année 2017 est caractérisée par des températures élevées, a déclaré dans un communiqué Karl Braganza, chargé de la surveillance climatologique au BOM. Les températures diurnes comme nocturnes ont été plus élevées que la moyenne, en particulier les températures maximales, les deuxièmes plus élevées jamais recensées ».

Les États de Nouvelle-Galles du Sud et du Queensland, dans l'est, sont les plus durement touchés, enregistrant en 2017 leur année la plus chaude.

Près de Sydney, la plage de Bondi bondée, le 5 octobre 2017. Dimanche 7 janvier 2018, la ville a connu un record de chaleur avec une température maximale de 47,3 °C, à marquer dans les annales, même si des pics de températures de plus de 40 °C sont courants en été. © Peter Parks, AFP, Archives

La Grande Barrière de corail souffre aussi de la chaleur

Parallèlement, les océans entourant l'Australie ont connu des températures « largement au-dessus de la moyenne ». Le réchauffement de la température de l'eau a provoqué de graves épisodes de blanchissement de la Grande Barrière de corail, joyau du patrimoine mondial. Il entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments.

La température annuelle moyenne a augmenté de 1,1 °C depuis 1910 en Australie, affirme le BOM, ajoutant que la majeure partie du réchauffement s'est produite après 1950. Du fait de sa population relativement faible (24 millions d'habitants) eu égard à la taille de son territoire, et de sa très forte dépendance au charbon, l'Australie est un des pires émetteurs per capita de gaz à effet de serre.

Le BOM prédit que 2017 figurera parmi les trois années les plus chaudes jamais vécues au niveau mondial, et la plus chaude sans le phénomène El Niño. Ce phénomène météorologique affecte tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations.

  • Le Bureau de la météorologie (BOM) australien a publié son rapport annuel 2016-2017, montrant une série de températures exceptionnellement élevées.
  • Globalement, c'est la troisième année la plus chaude connue dans ce pays mais la première en l'absence d'El Niño.
Pour en savoir plus

En bref : l’Australie a chaud et les chauves-souris succombent

Article de Quentin Mauguit publié le 14 janvier 2014

L'été bat son plein en Australie. Il y fait même très chaud par endroit, au point qu'une vague de chaleur a provoqué la mort de plus de 100.000 chauves-souris. Cette situation pose des problèmes sanitaires, car les cadavres jonchant les sols se décomposent et que certains mammifères à l'agonie peuvent transmettre un virus dangereux pour l'Homme. Malheureusement, de fortes températures sont à nouveau attendues.

Dans l'hémisphère nord, l'actualité a été marquée par le vortex polaire qui a littéralement figé l'est des États-Unis durant quelques jours. À l'inverse, de l'autre côté de l'équateur, c'est la chaleur qui pose problème, notamment en Australie. Voici quelques jours, des températures supérieures à 40 °C ont ainsi été enregistrées dans l'état du Queensland, engendrant alors un macabre phénomène. Plus de 100.000 chauves-souris de 25 colonies n'auraient pas supporté ces conditions, au point d'en mourir.

Sur Internet, des images et vidéos de cadavres jonchant les rues, les jardins et d'autres lieux publics ne manquent pas. La situation est telle qu'elle pose des problèmes sanitaires. Les corps en décomposition produisent une odeur incommodante, notamment dans certains quartiers de Brisbane. Par ailleurs, des chiroptères au sol sont parfois à l'agonie et non morts.

En Australie, au moins quatre espèces de renards volants peuvent transmettre le lyssavirus de la chauve-souris australienne. Il est donc demandé à la population de ne pas approcher les chiroptères tombés au sol ces derniers jours, car certains sont encore en vie. © Austronesian Expeditions, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Or, en griffant ou mordant des personnes qui s'en saisissent, ils peuvent leur transmettre le lyssavirus de la chauve-souris australienne. Chez l'Homme, cet agent pathogène cause des paralysies, des délires, des convulsions, voire la mort. Seize personnes ont déjà reçu un traitement antiviral.

Le sud de l'Australie devrait connaître une nouvelle vague de chaleur qualifiée de sévère à extrême ces quatre prochains jours. Des températures supérieures à 35 °C sont ainsi attendues à l'ombre dans les principales villes. Selon La Chaîne Météo, des pics de 40 à 42 °C seront sans doute de nouveau atteints. Ce 14 janvier, et d'après des informations de l'AFP relayées par RTL, les pompiers des régions concernées s'apprêtent à affronter les incendies de brousse les plus virulents depuis 2009. Pour rappel, ce pays a connu en 2013 l'année le plus chaude jamais enregistrée de son histoire. Se dirige-t-on vers un nouveau record en 2014 ?

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La banquise hivernale arctique de 2017 était la plus petite jamais observée  Comme on peut le voir dans cette vidéo de la Nasa, l’expansion de la banquise hivernale a atteint son paroxysme le 7 mars dernier. La surface de mer couverte de glace fut alors la plus basse jamais mesurée lors d'un maximum saisonnier. Les zones grises plus foncées traduisent une couverture glacée plus fine qu’ailleurs, donc plus fragile. La banquise estivale, fin septembre 2016, était à un niveau très bas. L’hiver a eu ensuite du mal à s’installer. Aux antipodes, la banquise estivale autour de l’Antarctique était aussi à un niveau historiquement bas.