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L'impression 2D dans nos maisons

Dossier - L'impression 3D, la fabrication de demain ?
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Alors que les imprimantes 3D apparaissent sur le marché grand public et tendent à démocratiser ce mode de fabrication, se pose la question des applications possibles de cette technologie, et de son avenir dans notre quotidien.

  
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L'impression 3D est-elle la future impression du quotidien ou représente-t-elle une technologie de transition ? Quelle est son évolution possible au regard de celle qu'a connue l'impression 2D, aujourd'hui dans toutes les maisons ?

Imprimante 3D. © RomboStudio - Shutterstock

Petite histoire de l'impression 2D

C'est dans les pages mêmes de la Technology Review que Tim Maly a précisé : « L'impression 3D n'a rien à voir avec la réalité virtuelle, avant de la rejeter comme une lubie de geeks, considérons déjà l'évolution de l'impression 2D. La typographie a longtemps été une industrie lourde. Les entreprises qui fabriquaient des polices de caractères étaient des fonderies qui fabriquaient des lettres de métal [...]. Aujourd'hui, les polices de caractères sont quelque chose que vous choisissez depuis un simple menu déroulant sur votre traitement de texte et l'imprimante 2D vous permet d'imprimer n'importe quelle page avec n'importe quelle police ».

Nous sommes donc passés de polices métalliques et de presses centralisées, au régime actuel (des polices disponibles sur nos ordinateurs) par étapes successives. Au premier temps de l'impression personnelle, celle-ci était matricielle. Le contrat était simple : « nous vous donnons une police de merde et vous avez besoin d'un papier spécialisé pour l'utiliser, mais vous pouvez le faire à la maison ». Ces formes d'impressions n'étaient pas utiles pour beaucoup de choses, mais pour certaines et elles ont été utilisées suffisamment fréquemment pour qu'il vaille le coup de développer des améliorations.

« Aujourd'hui, il est devenu raisonnable pour la plupart des gens de disposer d'une pile de papier et d'une imprimante qui ne leur a à peu près rien coûté, et pour les entreprises d'avoir des zones de stockage pleines de matières premières pour l'impression de documents. Les imprimeurs et les magasins d'impression ont pu garder des spécificités : la commodité de vente, leur capacité à imprimer des choses avec d'autres papiers, dans d'autres formats ou en réalisant des économies d'échelles sur les grandes quantités. »

L'argument de Christopher Mims de dire que l'impression 3D ne sera jamais une technologie mature est absurde, répond Tim Maly. « Il a raison de dire que l'impression 3D, telle qu'elle est aujourd'hui, ne remplacera pas la chaîne d'approvisionnement industrielle contemporaine. Il s'agit clairement d'une technologie de transition. Les matériaux sont nazes. La résolution n'est pas terrible. Les objets sont fragiles. La substance n'est pas recyclable. »

Matériaux et coûts, l'évolution certaine des imprimantes 3D

Mais si ces premières imprimantes 3D utilisent uniquement du plastique et ne peuvent faire que certains types d'objets : cela va évoluer, assure Tim Maly. Cela commence par des bijoux, des jouets, voire des pièces pour voiture ancienne introuvables (telles que celles que réalise Jay Leno en créant des modèles 3D en plastique qu'il fait ensuite réaliser à l'unité via des techniques plus professionnelles). De nombreuses personnes travaillent à résoudre ces questions, comme celle des matériaux qu'imagine Shapeways.

En même temps, il n'est pas difficile d'imaginer une autre convergence. Certains matériaux ou formats vont tomber en disgrâce parce qu'ils sont difficiles à faire rapidement. Pensez par exemple à la façon dont la plupart des documents sont désormais au format A4, alors qu'il existe des dizaines d'autres formats de papiers.

Il est également important de ne pas confondre l'impression 3D et la fabrication « de bureau ». Un atelier bien équipé utilise des machines à découpe laser, des fraiseuses numériques et des tours qui lui permettent de faire des prototypes de qualité. Or, aucun de ces outils n'est vraiment de la science-fiction : ce sont des technologies établies qui deviennent chaque jour moins chères, plus accessibles, plus simples et qui permettent toujours plus de choses. Pour autant, on ne les trouve pas encore dans nos bureaux, mais déjà dans les TechShop du coin de la rue... (voir le panorama des Makers Space).

« Quelque chose d'intéressant arrive quand le coût de l'outillage chute. Il arrive un temps où les cycles de production deviennent assez petits pour que les économies d'échelles qui justifient l'expédition depuis la Chine ne fonctionnent plus. Il arrive un point où faire de nouvelles choses n'est plus un investissement en capital, mais simplement un investissement marginal. Les magasins de fabrication sont en train de réaliser cela, tout comme les magasins d'impression nous l'ont proposé, il n'y a pas si longtemps », conclu Tim Maly.

Par Hubert Guillaud