Tech

StoreDot veut recharger une voiture électrique en 5 minutes

ActualitéClassé sous :voiture , autonomie batterie , autonomie d'une voiture électrique

Après les smartphones qu'elle promet de recharger en moins d'une minute, la start-up israélienne StoreDot veut adapter sa technologie de batterie bio-organique aux véhicules électriques. L'entreprise assure qu'il ne faudrait que cinq minutes pour charger sa batterie appelée FlashBattery qui offrirait une autonomie de 480 kilomètres.

Avec sa technologie de batterie à composés organiques, la start-up israélienne StoreDot promet qu’à l’horizon 2020, un véhicule électrique pourra être rechargé en cinq minutes et parcourir 480 kilomètres. © BP63Vincent, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Avec l'autonomie, la durée de recharge fait partie des deux principaux obstacles qui restent à lever afin que les voitures électriques puissent se poser en alternatives viables au moteur à explosion. Le ou les premiers fabricants qui parviendront à créer « La » technologie de batterie capable de répondre à l'une ou l'autre de ces exigences décrocheront le jackpot. Ces derniers mois, plusieurs sociétés travaillant sur des solutions prometteuses ont procédé à d'importantes levées de fonds. Parmi celles-ci figure StoreDot, une jeune pousse israélienne qui promet de recharger une voiture électrique en un temps record. Selon ses dires, sa FlashBattery pourra offrir une autonomie de 480 kilomètres après seulement cinq minutes de charge.

La promesse semble audacieuse au vu des performances actuelles dans ce domaine. Et pourtant, StoreDot vient de lever 18 millions de dollars (15,5 millions d'euros au cours actuel) pour financer le développement de cette technologie après avoir déjà récolté 42 millions de dollars (36 millions d'euros) auprès d'investisseurs puissants tels que Samsung. La start-up estime que sa technologie pourrait être commercialisable à l'horizon 2020. Mais en quoi consiste-t-elle au juste ? Futura-Sciences a déjà consacré un article à StoreDot et interrogé son fondateur et PDG Doron Myersdorf. À l'origine, la technologie a été développée pour les smartphones.

Elle repose sur une nanostructure faite de matériaux bio-organiques qui augmentent la capacité des électrodes et les performances de l'électrolyte. Plus précisément, il s'agit de boîtes quantiques formées de nanocristaux de 2,1 nanomètres de diamètre fabriqués à partir de peptides de synthèse. Outre des performances hors normes, StoreDot vante également l'aspect écologique de son innovation qui substitue des composés organiques aux métaux lourds et toxiques actuellement employés dans les batteries lithium-ion ou au cadmium. Il y a un peu plus d'un an, l'entreprise dévoilait un prototype de batterie qui se rechargeait en 30 secondes. Elle se donnait alors deux à trois ans pour produire une batterie ayant le format et la capacité d'un modèle standard qui pourrait être chargée en 60 secondes.

À l’origine, la technologie StoreDot a été conçue pour les batteries des smartphones. L’année dernière, la jeune pousse a dévoilé un prototype qui se rechargeait en 30 secondes. Un modèle ayant le format et la capacité d’une batterie standard devrait sortir d’ici deux à trois ans. © StoreDot

Plusieurs technologies prometteuses en compétition

Visiblement confiante dans les capacités de cette technologie, StoreDot veut l'appliquer aux voitures électriques. Et d'annoncer donc que sa FlashBattery dotée de 7.000 cellules ne nécessiterait que cinq minutes pour être totalement rechargée. Qui plus est, la composition et l'architecture de cette batterie multiplierait par quatre le nombre de cycles charge-décharge des batteries existantes, le portant de 500 à 2.000. Reste à voir si StoreDot sera bien en pole position pour commercialiser son procédé. Car d'autres start-up, disposant elles aussi de soutiens financiers importants, sont également dans la course.

Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes les travaux de Sakti3 qui développe une batterie lithium-ion à l'état solide susceptible de doubler l'autonomie des batteries de smartphones et des voitures électriques. L'entreprise britannique Dyson a investi 15 millions de dollars (14 millions d'euros) dans cette spin-off fondée en 2007 par une équipe de chercheurs de l'université du Michigan (États-Unis).

La même année, la société Seeo voyait le jour en portant une technologie pour batteries lithium-ion capable de doubler l'autonomie. Nommé DryLyte, le procédé repose sur un électrolyte solide non inflammable fait d'un polymère à nanostructure. Fin 2014, Seeo, qui est elle aussi une spin-off issue du laboratoire Lawrence Berkeley, a levé 17 millions de dollars (14,7 millions d'euros) auprès notamment de Samsung Ventures et de Google.org. Les batteries DryLyte font actuellement l'objet d'un programme d'évaluation de neuf mois mené aux États-Unis par les constructeurs automobiles Ford et General Motors.

Cela vous intéressera aussi