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Voyage au centre de la Terre : ils ont essayé !

Dossier - Voyage au centre de la Terre : mythe ou réalité ?
DossierClassé sous :physique , géologie , Terre

Voyage au centre de la Terre, le célèbre roman de Jules Verne, vous connaissez ? Vous l'avez peut-être lu. Une telle exploration est-elle scientifiquement réalisable ? Les mondes décrits existent-ils ? Roland Lehoucq, astrophysicien et passionné de science-fiction, a mené l'enquête. Avec humour et habileté, il confronte l'ouvrage aux réalités physiques de notre monde.

  
DossiersVoyage au centre de la Terre : mythe ou réalité ?
 

Tout le monde connaît la célèbre tentative du professeur Lidenbrock exposée par Jules Verne dans son célèbre Voyage au centre de la Terre. Les explorateurs accèdent aux profondeurs terrestres en passant par le cratère du volcan Sneffels.

Les explorateurs du célèbre ouvrage Voyage au centre de la Terre parviennent aux profondeurs terrestres en passant par le cratère du volcan Sneffels (c'est-à-dire le Snæfellsjökull, en Islande). © Ymblanter, CC by-sa 4.0

Cette aventure, si extraordinaire qu'elle soit, ne les mène pourtant qu'à quelques kilomètres de profondeur sous la surface. Bel exploit mais très insuffisant au regard de nos ambitions. Non, on parle ici d'atteindre vraiment le cœur de la Terre. Cela semble « facile », au moins par la pensée : il suffit de creuser un trou très, très profond...

Le volcan Snæfellsjökull, en Islande, qui a inspiré Jules Verne. © DR

Les tentatives d'exploration du centre de la Terre

L'idée est bonne sur le papier mais en physique les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'elles le paraissent. Les scientifiques ont tenté à diverses reprises de forer la croûte terrestre océanique et continentale pour étudier sa composition, espérant atteindre la fameuse discontinuité de Moho, située vers 10 kilomètres de profondeur sous les océans et entre 30 et 50 kilomètres sous les continents, qui marque la séparation entre la croûte et le manteau. Quelle fut la profondeur maximale atteinte par ces forages ? Un misérable 12,2 kilomètres, qu'une équipe soviétique obtint en 1989 dans la péninsule de Kola après des semaines d'efforts.

En somme, une piqûre d'un dixième de millimètre à la surface d'une orange ! Un groupe allemand a bien tenté de réitérer l'expérience à Windischeschenbach, dans le Haut-Palatinat : celle-ci est parvenue à 9,1 kilomètres en 1994. Autant dire que l'on ne connaît directement que l'épiderme de la Terre, sa couche la plus superficielle - le reste de son volume nous est, pour l'instant, inaccessible directement.

Reconnaissons quand même que le voyage vers le bas est fortement handicapé par la forte densité de la matière à traverser. Ainsi, l'énergie requise pour parcourir un kilomètre vers le bas, en faisant fondre les roches sur le passage, est un milliard de fois plus importante que celle nécessaire pour s'élever vers le haut de la même distance : il est finalement nettement plus facile d'aller en orbite que de visiter le manteau terrestre.