Chacun comprend de quoi l'on parle lorsqu'on parle du temps. Qui ne croit même connaître intimement celui-ci ? Nul besoin d'être Kant, EinsteinEinstein ou Heidegger pour s'autoriser à y aller de son avis d'expert, pour mettre en avant sa propre conception de la chose, pour raconter une petite anecdote personnelle. Eh oui ! On appartient à la condition humaine, on a ses opinions, une expérience à soi et cela suffit, pense-t-on, pour évoquer la question du temps.

L'horloge de Dalí ou une vision du temps qui passe. 
L'horloge de Dalí ou une vision du temps qui passe. 

Ainsi colportons-nous sans cesse de vieux truismes et des idées-momies, comme si toutes nos réflexions sur le temps étaient d'emblée parasitées par les lieux communs. Portée par l'usage, émoussée par les commodités de langage, la notion de temps paraît toujours d'accès facile. Les philosophes ont beau la présenter depuis toujours comme une terrible épreuve de la pensée, nous nous laissons paresseusement abuser par ses allures familières.

Qu'est-ce que le temps ?

Mais en réalité, cette familiarité apparente vient seulement de l'habitude, et non d'une élucidation. Car au fond, qu'est-ce que le temps ? Personne ne le sait vraiment. Et pour cause : dès que l'on s'intéresse à lui de trop près, il se durcit systématiquement en énigme ; et à chaque fois que l'on s'applique à mieux cerner sa nature, paradoxes et apories jaillissent aussitôt comme promesses en campagne électorale. Quelle que soit l'approche choisie (linguistique, philosophique, scientifique), on bute soit sur de nouveaux problèmes, soit sur d'anciennes difficultés que rien ne semble pouvoir dissoudre. Cette résistancerésistance inépuisable, c'est ce l'on pourrait appeler la « paradoxicalité » du temps.

Dans ce dossier, nous aborderons « la relativité du temps », le principe étant qu'il n'a pas une valeur absolue, et son écoulement n'est pas toujours le même...

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