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Le temps, un nœud de problèmes pour l'intellect

Dossier - Les énigmes du temps
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Chacun comprend de quoi l'on parle lorsqu'on parle du temps. Nul besoin d'être Kant, Einstein ou Heidegger pour s'autoriser à donner son avis d'expert, pour mettre en avant sa propre conception de la chose.

  
DossiersLes énigmes du temps
 

Commençons par recenser les difficultés rencontrées par l'intellect.

Ce dernier, mis en face du temps, ne sait pas faire autrement que braconner dans l'hétéroclite. Il mêle toute idée à l'idée contraire : tantôt il conçoit le temps comme ce qui passe, tantôt comme la trame inchangée de tout changement ; tantôt il l'invoque comme principe de changement, tantôt comme l'enveloppe invariable de toute chronologie ; tantôt il l'assimile à l'évanescence et à la furtivité, tantôt à une vaste arène perpétuellement en attente de ce qui viendra s'y produire ; tantôt il le pense à la suite de l'espace, tantôt à son encontre ; tantôt il l'assimile au mouvement, tantôt à l'envers du mouvement (c'est-à-dire au fixe ou à l'éternel) ; tantôt il le considère comme un concept empirique dont la texture serait tirée de notre expérience, tantôt comme un « a priori de notre sensibilité », au sens où l'entendement ne pourrait fonctionner sans lui ; tantôt il le conçoit comme un être purement physique, tantôt comme un produit de la conscience...

Ainsi le temps se retrouve-t-il toujours mis en balance entre une thèse et l'antithèse correspondante, comme s'il ne pouvait jamais être pensé autrement qu'entre deux chaises, comme si son ontologie ne savait pas comment se fixer une bonne fois pour toutes.