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Histoire de l'étain, de François Briot à André-Charles Boulle

Dossier - Métal : tout savoir sur l'étain
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L'étain est un élément rare et l'un des plus vieux connus, au moins depuis l'Antiquité. Ce métal gris argenté est, avec le cuivre, l'un des ingrédients du bronze. Zoom sur ses propriétés chimiques, ses alliages mais aussi son utilisation et sa toxicité.

  
DossiersMétal : tout savoir sur l'étain
 

L'étain est utilisé depuis longtemps pour la fabrication d'objets d'usage courant et d'ustensiles de cuisine. Certains artisans ont particulièrement marqué le travail de ce métal, comme François Briot et André-Charles Boulle. Revenons sur les traces historiques de l'utilisation et de l'art de l'étain.

Histoire de l'étain, de François Briot à André-Charles Boulle. Ici, un exemple d'horloge Boulle. © Shani Evenstein, Wikimedia Commons, CC by-sa 4.0

L'étain en Occident

Les étains romains étaient riches en plomb (jusqu'à 30 %) et, comme tous les sels de plomb sont toxiques, ils pouvaient causer une intoxication grave : le saturnisme.

Dès l'Antiquité, l'étain, qui peut s'allier au cuivre comme au plomb, entra dans la composition du bronze. Les cités méditerranéennes dépendaient, pour leur approvisionnement en étain, des Phéniciens, puis des Carthaginois. Ceux-ci veillaient jalousement sur leurs secrets : routes maritimes et entrepôts.

La fondation de Marseille par les Grecs en 600 av. J.-C. mit fin à ce monopole, le commerce pouvant se faire par voie (presque) terrestre avec l'Armorique et la presqu'île des Cornouailles.

André-Charles Boulle et sa marqueterie 

Au Moyen Âge, la vaisselle d'étain était d'usage courant. L'art de l'étain eut ses maîtres avec, entre autres, François Briot (vers 1545) et André-Charles Boulle (1642-1732), qui l'utilisa en marqueterie. Ce dernier diffusa en France une technique, utilisée plus tard en Italie et en Hollande, consistant à incruster les meubles avec de l'écaille de tortue, de la corne, de l'étain, du laiton ou du cuivre. C'est la fameuse marqueterie Boulle qui porte aujourd'hui son nom. Il confectionna, avec cette technique, de nombreux boîtiers de pendules pour les plus fameux horlogers.

François Briot, artisan de l'étain. © DP

François Briot, potier d'étain, graveur, médailleur

François Briot est né à Damblain vers 1545. Comme son oncle, il a une formation d'orfèvre et de potier d'étain. Il séjourne à Lyon, où est Pierre Woeiriot. Il y retrouve un Lorrain, Jean Jacquemard, de Clinchamps, potier d'étain comme lui : ils seront reçus tous deux à la corporation de Saint-Éloi à Montbéliard, le 12 avril 1580. François Briot est considéré comme le chef de file de l'école lyonnaise de la poterie d'étain. Réformé, il est obligé de quitter la Lorraine et s'installe à Montbéliard.

Il délaisse la poterie d'étain et devient graveur officiel du comte de Montbéliard. Le comte Frédéric hérite du duché de Wurtemberg ; François Briot le suit à Stuttgart en 1593. Il fait de mauvaises affaires, de fameuses recherches sur la transformation de métaux en or (l'alchimie) ; l'échec de ces entreprises entraîne sa disgrâce. Il revient à Montbéliard. On perd sa trace à partir de 1616.