Calices, ciboires, hanaps, aiguières et cimarres, écuelles, assiettes, plats et timbales, jattes, pots et pichets, bougeoirs et flambeaux : l'étainétain nous permet mille objets de métalmétal tendre, où la lumièrelumière s'épanche et la patinepatine du temps donne de la douceur aux choses. L'âge d'or de la poterie d'étain se situe aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais reprenons un peu l'histoire.

De la poterie en étain (pichets). © Bullenwächter,<em> Wikimedia Commons</em>, CC by-sa 3.0

De la poterie en étain (pichets). © Bullenwächter, Wikimedia Commons, CC by-sa 3.0

Les pichets d'étain étaient des mesures de liquideliquide avant de devenir, traditionnellement, des pichets à boire puis des trophées.

Techniques des maîtres potiers et étapes de fabrication

Il fallait d'abord faire les moules, bien sûr, en bronzebronze ou en pierre (la technique du martelage est confidentielle) et, pour un pichet, il faut plusieurs moules : pansepanse, gorge, couvercle, anseanse, charnière, poucier sont moulés séparément !

Un calice du Moyen Âge. Malheureusement, la lèpre de l’étain altère les pièces à la longue. © collection Boucaud

Un calice du Moyen Âge. Malheureusement, la lèpre de l’étain altère les pièces à la longue. © collection Boucaud

Une fois coulé, l'étain est « épillé » pour enlever les petites barbes dues au moule, puis on pratique le reverchage pour boucher les trous ; on assemble les différentes parties de la pièce par souduresoudure, puis vient la décorationdécoration, le sceau et le polissage final. Les objets étaient souvent refondus après usage pour en faire de nouveaux, d'où, d'ailleurs, leur rareté !

Poinçon de Salmon de Chartres, de 1693. © DR

Poinçon de Salmon de Chartres, de 1693. © DR

Il y avait ainsi les pichets d'Arras, ceux de Paris, de Troyes, de Joinville, de Mulhouse et ainsi de suite tout autour de la France ; il y en avait aussi en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et en Hollande : une vraie civilisation de l'étain précédant celle de la porcelaine...