Parmi les nombreux usages de l'étainétain, on peut citer la fabrication de miroirsmiroirs. Cette technique longtemps gardée secrète par les Vénitiens fut copiée par la France à l'initiative de Colbert, au XVIIe siècle. Ce sera la création de la Manufacture royale de glaces de miroirs, à l'origine de la fabrication des miroirs de la galerie des Glaces du château de Versailles.

Les miroirs de la galerie des Glaces, au château de Versailles. © Myrabella, Wikipédia, CC by-sa 3.0

Les miroirs de la galerie des Glaces, au château de Versailles. © Myrabella, Wikipédia, CC by-sa 3.0

L'étain et la fabrication des miroirs

L'étain entrait dans la composition du tain, cet amalgameamalgame (étain-mercure) métallique appliqué derrière une glace pour en faire un miroir. Cette technique étant gardée secrète, Colbert, en 1660, fit venir en France 18 ouvriers vénitiens et accorda privilèges et avantages à la « Manufacture des glaces et miroirs par des ouvriers de Venise ».

En 1665, à la suite des informations transmises par Colbert, Louis XIV accorda le privilège de la fabrication des glaces « façon de Venise » à Nicolas du Noyer. Le roi espère obtenir ainsi le secret des Italiens, dont on sait qu'il est jalousement gardé ; la peine de mort est d'ailleurs requise pour les transfuges.

Colbert et la Manufacture de glaces de miroirs

En 1664, Colbert invite François de Bonzi, évêque et ambassadeur de France à Venise, à « dérober » des ouvriers malgré les risques... On imagine le peu d'enthousiasme de ce dernier ! En 1665, on connaît la présence de quatre Vénitiens à Paris. Par lettres du roi, le privilège est accordé pour vingt ans « d'établir une manufacture de glaces et de miroirs par des ouvriers de Venise » subventionnée par le roi et avec les privilèges nécessaires pour obtenir les matériaux. Mais les ouvriers vénitiens ne veulent rien enseigner aux Français ! Ce sera finalement à la verrerie de Tourlaville (la seconde du genre), près de Cherbourg, que sera dérobé le secret. Colbert annonce donc : « Nos glaces sont maintenant plus parfaites que celles de Venise ».

Les miroirs de Versailles : la galerie des Glaces

À Versailles, 17 miroirs sont placés en face des 17 fenêtresfenêtres de la Grande Galerie des fêtes, renommée « la galerie des Glaces ». À la mort de Colbert, Louvois maintient les privilèges. En 1688, Abraham Thévart déclare avoir découvert le moyen de fabriquer des miroirs par coulage. Il achète l'ancien château de Coucy, à Saint-Gobain. Au début du XVIIIe siècle, la manufacture (résultat de la fusionfusion des précédentes entreprises) est en faillite. Elle sera sauvée par les banques...