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La formation des calendriers

Dossier - Les calendriers : calculs et unités de mesure
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Retrouvez la genèse des calendriers modernes au travers des calendriers solaires, stellaires, lunaires et lunisolaires qui ont constitué, sur Terre, notre histoire.

  
DossiersLes calendriers : calculs et unités de mesure
 

La formation des calendriers vient d'une nécessité de fixer les périodes. De tout temps et en tous lieux, l'Homme a toujours ressenti le besoin de définir ses jours et ses nuits, en les fractionnant ou les multipliant pour créer heures, semaines ou mois. Une chose est sûre, le rythme de nos calendriers n'est pas sans rappeler la régularité biologique de notre espèce et la cadence astronomique de notre univers.

La formation des calendriers dépend de chaque civilisation et culture. À l'image : un calendrier aztèque rivalisant d’ingéniosité, avec des couleurs or et bleu-vert. © Ancheta Wis - CC BY-SA 2.5

Il y avait de larges manières de diviser le jour. En Mésopotamie, par exemple, le jour astronomique était compartimenté différemment du jour civil, qui, comme dans d'autres cultures antiques, était composé d'« heures ». La longueur des heures n'était pas constante mais diverse selon les saisons, les heures de jour étant plus longues en été que celles d'hiver. De telles variations saisonnières des divisions du jour, maintenant appelées des « heures saisonnières ou temporelles », étaient devenues usuelles dans l'Antiquité parce qu'elles correspondaient à la durée de temps du soleil au-dessus de l'horizon, au maximum en été et au minimum en hiver. Mais l'arrivée des horloges mécaniques en Europe de l'Ouest à la fin du XIIIe siècle a rendu les heures saisonnières incommodes car inégales.

Cycles et unités standards

Très tôt, les civilisations occidentales ont employé 24 heures saisonnières par jour - 12 heures de jour et 12 d'obscurité. C'était la pratique des Grecs, des Sumériens et des Babyloniens ainsi que les Égyptiens, les Romains et de la chrétienté occidentale tant que le décompte civil a été concerné. Cependant, pour le culte quotidien, l'Église a adopté ses propres heures canoniques : matines, prime, tierce, sexte, none, vêpres et complies - mais dans les affaires séculières, le système de 24 heures primait.

Ces nombres, 2 x 12, ou 24, sont dérivés de la méthode sexagésimale sumérienne, basée sur des gradations de 60 (5 x 12 = 60) plutôt que sur des multiples de dix. Pour la plupart des usages, le jour et la nuit ont été divisés en trois temps égaux qui étaient subdivisés, eux-mêmes, en moitié et en quart. Les astronomes babyloniens, peut-être de préférence au système civil variable, ont divisé chaque jour en douze unités égales, appelées « beru », dont chacune a été subdivisée en trente « gesh ». Les textes astronomiques les plus anciens connus sont de l'ancienne période babylonienne, mais ce système dual peut être attribué aux premières sociétés sumériennes.

L’assemblage des jours de marché en semaine

Une fois le jour divisé en éléments précis, la tâche suivante était de réunir les nombres de jours dans des groupes. Parmi les peuples primitifs, il était commun de compter par lunes (mois) plutôt que par jour mais, plus tard, une période plus courte que le mois a été nécessaire et il est probable que ce fut un intervalle entre les jours de marchés qui obtint les faveurs des peuples. En Afrique, quelques tribus employaient un intervalle de 4 jours ; en Asie centrale 5 étaient usuels ; les Assyriens avaient aussi un intervalle de 5 jours et les Égyptiens 10, tandis que les Mésopotamiens avaient attaché une signification aux jours de la lunaison qui étaient un multiple de sept. Dans la Rome antique, des marchés se sont tenus à intervalle de 8 jours ; en raison de la numération romaine, le jour de marché était « nundinæ », dénommé aussi « neuvième jour », et la semaine de 8 jours « inter nundium ».

La semaine de 7 jours peut aussi devoir, partiellement, son origine aux quatre phases de 7 jours de la Lune et une partie à la croyance sumérienne dans le caractère sacré du numéro sept, qui était probablement lié aux sept planètes. D'ailleurs, durant le Ier siècle avant Jésus-Christ, la semaine juive de 7 jours semble avoir été adoptée dans tout le monde romain, et ceci explique encore notre utilisation actuelle. Les noms français, anglais et de la majeure partie des pays des jours de la semaine sont dérivés des noms latins des dieux.

Calendrier : le mois selon le cycle biologique et la religion

Le mois est basé sur la lunaison, cette période où la Lune accomplit un cycle complet de ses phases. La période dure approximativement 29 jours ½, assez court pour que les jours soient comptés sans employer de grands nombres. En osmose avec la nature biologique de l'être humain et l'animal, il se rapproche parfaitement de la durée menstruelle moyenne des femmes et, également, de la durée du comportement cyclique de quelques créatures marines.

Ainsi, le mois a possédé de grandes significations et était souvent la période régissant les observances religieuses : Pâques chez les Juifs et les Chrétiens. La plupart des calendriers étaient, essentiellement, des collections de mois. Les Sumériens utilisaient des périodes de 29 et 30 jours alternativement ; pour les Égyptiens la durée de tous les mois était de 30 jours. Les Grecs et les Romains, avec un système un peu plus complexe, utilisaient respectivement un mois de 28 jours et de 30 ou 31 pour le dernier.

Formation du calendrier : définition des saisons grâce au Soleil

Cependant le mois n'est pas propre à déterminer les saisons, pour ces dernières ce sont des événements solaires et non un phénomène lunaire. Les saisons changent selon les différentes parties du monde - dans les pays tropicaux, ce sont des périodes pluvieuses et sèches, ailleurs, il y a une succession de changements plus ou moins importants. En Égypte, l'inondation annuelle du Nil a été suivie de l'ensemencement, puis des moissons, et trois saisons ont été identifiées ; alors qu'en Grèce, et dans d'autres pays plus nordiques, il y avait une succession de 4 saisons de longueurs inégales.

Toutefois, il semble que l'on ait identifié partout que les saisons étaient liées au Soleil et qu'elles pouvaient être déterminées à partir des observations solaires. Peu importe qui a dû noter la longueur variable d'une ombre, alors que le Soleil était au zénith et qu'un bâton était placé verticalement dans le sol, ou suivre un procédé bien plus sophistiqué, en déduisant des observations nocturnes de la position des étoiles. Dans l'un ou l'autre cas, le résultat était une année de 365 jours, une période incompatible avec la lunaison de 29 jours ½. Trouver une explication simple, entre les deux périodes, était le problème posé à tous les fabricants de calendriers à partir des Babyloniens.

Les signes astronomiques établissent aussi les saisons

Un certain nombre de signes non astronomiques ont été également employés pour déterminer les saisons. Dans le bassin méditerranéen, de telles indications changent rapidement, et Hésiode (vers 800 av. J.-C.) en mentionne une grande variété : le cri des grues en migration indique le moment pour labourer et semer ; l'instant où les escargots s'élèvent le long des murs indique que le travail dans les vignes doit cesser ; et ainsi de suite. Une approximation inconsciente de l'année tropique peut également être obtenue par intercalation, en utilisant un calendrier lunaire simple et des observations du comportement animal.

Une situation peu commune a vu le jour parmi les pêcheurs de Yami, près de Taïwan. Ils employaient un calendrier basé sur les phases de la Lune et une certaine position de Mars (la date précise dépendant du degré d'erreur de leur calendrier lunaire comparé à l'année tropique). Ils sortaient les bateaux avec les feux allumés. Si les poissons volants apparaissaient, la période de pêche pouvait débuter, mais si le calendrier lunaire était trop loin, hors de la saison, les poissons volants ne se montraient pas et la saison de pêche était remise à plus tard, à une autre lunaison. De ce fait, ils avaient une année de 13 lunaisons au lieu des 12 habituelles.