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Les premiers pas : fusées Véronique et Diamant

Dossier - L'aventure de la fusée européenne Ariane
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Ce dossier retrace l'aventure de la fusée européenne Ariane, des premières fusées françaises tirées depuis le Sahara jusqu'aux Ariane V actuelles, au travers de la construction des politiques spatiales française et européenne. Une aventure technique, politique et humaine.

  
DossiersL'aventure de la fusée européenne Ariane
 

La grande aventure des fusées Ariane commence en 1953. A cette époque, face à la montée en puissance des deux grandes nations de la conquête spatiale, l'U.R.S.S. et les Etats-Unis, la France, sous l'égide de la D.E.F.A., Direction et Etudes et Fabrication d'Armements, se rend compte qu'il est indispensable de se lancer enfin dans la conquête des cieux.

  • La fusée Véronique

Il s'agit alors de rattraper le retard pris sur deux états qui sont alors tout près d'accéder à l'espace, avec Spoutnik pour l'U.R.S.S. et Explorer 1 pour les Etats-Unis. Ce sera à une des sections de la D.E.F.A., le L.R.B.A., Laboraoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques de mener à bien le nouveau programme : la fusée Véronique.

Véronique est alors un projet de fusée modeste dont l'objectif premier est d'ammener des appareils de mesure au-delà de l'atmosphère. Mais elle sera aussi l'apprentissage français dans le domaine des fusées, le premier pas.

Une Véronique lancée en 1971 - source : C.N.E.S.

Elles seront lancées depuis la base de Colomb-Béchar, dans le Sahara. Les Véronique fonctionnent bien et, dans le même temps, Spoutnik s'envole... Afin de concentrer et améliorer le programme spatial français, le C.N.E.S. sera fondé en 1961, sous la présidence de Pierre Auger. De 8 personnes au départ, il passe à 80 après seulement 1 an d'existence.

  •  La fusée Diamant

Alors que Youri Gagarine a déjà rejoint l'espace depuis 4 ans, et que les concurrents du C.N.E.S. bénéficient d'effectifs et de budgets colossaux, la France poursuite ses effort avec une seconde fusée, capable de satelliser une charge : la fusée Diamant.

Une Diamant B - source : C.N.E.S.

Dès le premier vol, il s'agit d'un succès. En effet, le 26 novembre 1965, la première Diamant met en orbite le premier stallite français, le A1, dit Astérix. Ce spoutnik à la française tourne alors à quelques centaines de kilomètres d'altitude, et tournera jusque 2165 ! La réussite est totale, la France est devenue une puissance spatiale : elle est le troisième pays à satelliser un objet artificiel. Peu après Gemini 7 décolle.

  •  Le centre spatiale de Kourou

Le C.N.E.S. poursuit alors son développement technique et humain, s'implantant par exemple à Toulouse. Et comme le site de Colomb-Béchar, loin de l'équateur, n'était pas très favorable au tir de fusées, on décide de construire le centre spatial de Kourou, en Guyane française. Ce site est largement meilleur que Cap Canaveral, étant 23.5° plus proche de l'équateur : il permet à energie égale d'envoyer 17% de masse en plus en orbite, une différence énorme.

Le site de lancement d'Ariane IV à Kourou - source : Arianespace

Le site de lancement d'Ariane V à Kourou - source : E.A.D.S.

Les derniers tirs depuis l'Algérie ont lieu en 1966, quand deux fusées Diamant lancent, à dix jours d'intervalle, les deux satellites Diadème 1 et 2, destinés à la géodésie. C'est la fin de l'aventure algérienne, puis le premier tir à Kourou, une Véronique, en 1968. Peu de temps après, Neil Armstrong et Edwin Aldrin marchent su la Lune...