Quinze années de données n’ont pas permis aux astronomes de définir un schéma dans le rythme des flashs que nous envoie le trou noir supermassif situé au centre de la Voie lactée. © astrosystem, Adobe Stock
Sciences

Le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée est imprévisible

ActualitéClassé sous :trou noir supermassif , voie lactée , sagittarius A*

Au cœur de notre Voie lactée, il y a un trou noir supermassif. Sagittarius A*. Et régulièrement, il émet des flashs. Régulièrement ? Pas tant que ça. Pas du tout même. Puisqu'après avoir analysé 15 années de données, les astronomes n'ont pu identifier aucun schéma dans le rythme de ces flashs.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] L'activité du trou noir supermassif M87* a été filmée  Les succès remportés depuis plus de 50 ans par la théorie de la relativité générale sont un tribut au génie créateur et rebelle d'Albert Einstein. Mais ces succès reposent aussi sur des tests de plus en plus rigoureux et l'un des derniers en date concerne les images que commence à livrer l'Event Horizon Telescope concernant le trou noir supermassif M87*. On commence même à pouvoir en faire des films montrant son activité. 

Le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée -- Sagittarius A* (Sgr A*), comme l'appellent les astronomes -- est une source bien connue d'ondes radio, de rayons X et de rayons gamma. De manière apparemment totalement imprévisible, il émet des flashs que les chercheurs ont pris l'habitude d'enregistrer. Des flashs des dizaines à des centaines de fois plus « lumineux » que son rayonnement de base.

Pour comprendre s'il se cache une forme de régularité derrière ces flashs, une équipe internationale a plongé dans quinze années de données recueillies par le satellite Swift (Nasa) dédié à la détection des sursauts gamma. Il observe le trou noir supermassif Sgr A* depuis 2006. Et les enregistrements qu'il a transmis aux astronomes montrent une activité élevée entre 2006 et 2008, une forte baisse sur les quatre années suivantes puis une nouvelle augmentation de la fréquence des flashs après 2012.

Ici, une image produite grâce aux données en rayons X recueillies par le satellite Swift entre 2006 et 2013. Le trou noir supermassif Sagittarius A* se trouve au centre de l’image. Les rayons X de faible énergie — entre 1.500 et 3.000 électrons-volts — figurent en rouge, ceux de haute énergie — entre 3.000 et 10.000 électrons-volts — en bleu. © N. Degenaar, Swift, Nasa

Traquer les causes de cette instabilité

L'analyse de toutes ces données n'a pas permis aux chercheurs de distinguer un quelconque schéma de régularité. Et il se pose la question de savoir si ces variations d'activité ne sont pas simplement dues au passage de nuages de gaz ou d'étoiles à proximité de Sagittarius A*. Ou encore aux propriétés magnétiques du gaz environnant.

Dans l'espoir de trouver la réponse, les astronomes espèrent désormais obtenir plus de temps d'observation, pour recueillir encore plus de données sur le trou noir supermassif au centre de notre Galaxie.

En attendant, d'autres astronomes travaillent toujours à obtenir une image de l'environnement direct de Sagittarius A*. Une image rendue bien plus difficile à obtenir que celle publiée en 2019 du trou noir au cœur de la galaxie M87, du fait même du caractère hautement imprévisible de son activité.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !