Les deux satellites Galileo lancés sur une mauvaise orbite ont été construits par la firme allemande OHB. Ils embarquent une charge utile fournie par SSTL (Surrey Satelitte Technology Ltd, UK), filiale d’Airbus Espace. © Esa, J. Huart

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Lancement réussi des satellites Galileo mais sur une mauvaise orbite

ActualitéClassé sous :soyouz , Galileo , GPS européen

Les deux premiers satellites opérationnels de la constellation Galileo, lancés le 22 août, se sont finalement retrouvés sur une mauvaise orbite. En attendant de comprendre ce qui s'est passé, les lancements Soyouz depuis le CSG sont suspendus et le deuxième lancement de deux autres appareils prévu en fin d'année sera vraisemblablement reporté. Cela complique le déploiement de la constellation concurrente du GPS américain et risque de l'être avec plusieurs trimestres de retard. Enfin, petite précision à toutes fins utiles, non les satellites ne risquent pas de tomber sur nos têtes.

Le champagne a été débouché un peu tôt, vendredi 22 août. Un lancement réussi ne signifie pas forcément un succès total de la mission. C'est ce qui est malheureusement arrivé avec les deux premiers satellites opérationnels de la constellation Galileo (le GPS européen). En effet, après un décollage à l'heure prévue, le lanceur russe Soyouz qui devait amener les deux satellites Galileo sur l'orbite visée au terme d'une mission de 3 h 47 mn a donc manqué sa cible. C'est ce qu'a annoncé Arianespace, responsable du lancement pour le compte de l'Agence spatiale européenne (Esa), quelques heures après s'être réjouie du succès de la mise à poste des satellites. Entre temps, des observations complémentaires collectées après leurs séparations ont mis en évidence un écart entre l'orbite atteinte et celle initialement visée.

L’étage supérieur Fregat en cause

C'est évidemment une mauvaise nouvelle qui risque de retarder de plusieurs trimestres le déploiement complet de la constellation et de plusieurs mois les premiers services avec une qualité réduite prévue dans le courant de l'année 2015. Une péripétie de plus dans ce programme initié au début des années 2000. Cela étant, ce n'est pas la première fois que des satellites sont insérés sur une mauvaise orbite et une solution pourrait être trouvée pour éviter de les perdre comme ce fut le cas, par exemple, avec Yamal-402.

22 août 2014 à 9 h 27 (heure locale) depuis le Centre spatial guyanais (CSG) : décollage du lanceur russe Soyouz depuis son pas de tir situé à Sinnamary, à une quinzaine de kilomètres des installations au sol d’Ariane 5. © Esa, Cnes, Arianespace, Service optique CSG

D'après les premières analyses effectuées, une anomalie se serait produite pendant la phase de vol de l'étage Fregat, conduisant à une injection des satellites sur une orbite non conforme. Celle visée était circulaire, inclinée à 55 degrés et avec un demi-grand axe de 29.900 km. L'orbite atteinte, quant à elle, est elliptique avec une excentricité de 0,23, un demi-grand axe de 26.200 km et une inclinaison de 49,8 degrés.

Sauver la mission

Maintenant que l'on connait la position des satellites, l'Agence spatiale européenne a deux solutions qui s'offrent à elle. Soit elle décide d'utiliser leurs moteurs pour les amener sur la bonne orbite avec, pour conséquence, une durée de vie réduite, soit elle regarde s'il est possible de les utiliser en mode dégradé depuis la position elliptique qu'ils occupent.

Du côté d'Arianespace, on souhaite comprendre ce qui n'a pas fonctionné sur l'étage Fregat. Dès aujourd'hui, elle mandate, en association avec l'Esa et la Commission européenne, une enquête indépendante pour définir les causes précises de cette anomalie afin d'en tirer toutes les conséquences et actions correctrices permettant un retour en vol en toute sécurité dans les meilleurs délais du lanceur Soyouz depuis le Centre spatial guyanais.

Lorsqu'elle sera opérationnelle, la constellation Galileo offrira des services sans commune mesure avec le GPS américain. Plusieurs niveaux seront proposés à l'accès ouvert ou plus ou moins restreint. Pour cela, les satellites émettront chacun dix signaux différents : six sont prévus pour des applications civiles, deux pour des applications commerciales et deux pour des services étatiques.

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