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Rosetta : les préparations de l'atterrissage de Philae se précisent

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L'Agence spatiale européenne a programmé pour le 12 novembre l'atterrissage de Philae sur la comète Churyumov-Gerasimenko. Le site visé sera le J, le C restant en secours. Ce choix du site, ainsi que le plan de vol de Philae, seront confirmés le 14 octobre lors d'une Revue d'aptitude aux opérations de l'atterrisseur qui s'appuiera sur les dernières données sur la comète : images, mesures de densité et du champ gravitationnel et position de Rosetta.

Le choix principal pour le site d'atterrissage de Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. © Esa, Rosetta, Navcam

Depuis la sélection des sites d’atterrissages possibles de Philae sur la comète Churyumov-Gerasimenko, le J comme site principal et le C en secours, les équipes de mécanique spatiale de l'Esa et du Cnes ont effectué une analyse détaillée des trajectoires de descente envisageables. En fonction des caractéristiques des deux sites envisagés, il a fallu déterminer une trajectoire sûre car Philae ne dispose pas de système de propulsion. Il sera largué de la sonde Rosetta par un système de ressort qui lui donnera une impulsion, de sorte qu'il tombera comme une pierre. La descente vers son site d'atterrissage sera passive et il n'y aura aucun moyen de la contrôler. Cela explique également pourquoi le point d'atterrissage ne peut se prévoir que dans une ellipse d'un rayon de quelques centaines de mètres.

Atterrir sur une comète est délicat à cause de la faiblesse de la gravité. La masse totale de Philae est de 98 kg, dont 22 kg pour les instruments, mais sur la comète son poids sera celui qu'aurait sur Terre une masse de seulement quelques milligrammes. D'où la nécessité de bien l'arrimer dès son atterrissage. Pour cela, trois systèmes ont été prévus : deux harpons se planteront dans le sol et des vis sous chaque pied s'y enfonceront ensuite tandis qu'un petit moteur émettra des jets pour le plaquer contre la surface.

Gros plan sur le site J où se posera sans doute Philae de la mission Rosetta. © Esa/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

Deux scénarios retenus pour l'atterrissage de Philae

L'Agence spatiale européenne confirmera définitivement le choix du site d'atterrissage (J ou C) ainsi que le scenario associé le 14 octobre prochain, à l'issue d'une Revue d'aptitude aux opérations de Philae, qui s'appuiera sur les images à haute résolution des sites d'atterrissage produites dans l'intervalle. Si le site principal J est confirmé, Philae se séparera de la sonde Rosetta mercredi 12 novembre à 9 h 35, en heure de Paris, à une distance de 22,5 km (mesurée par rapport au centre de la comète), pour atterrir à la surface de Churyumov-Gerasimenko 7 heures plus tard. Compte tenu du temps nécessaire pour recevoir le signal émis par Rosetta vers la Terre (28 mn et 20 s), la confirmation de l'atterrissage aura lieu autour de 17 h 00.

Si l'Esa décide d'utiliser le site de secours C, la séparation aurait alors lieu à 14 h 04 (heure de Paris), à seulement 12,5 km du centre de la comète, et l'atterrissage environ 4 heures plus tard. La confirmation de cet atterrissage serait reçue sur Terre vers 18 h 30. Ces horaires ne sont indiqués que sous réserve de modification.

Quant à la comète, depuis que Rosetta est arrivée à proximité, les scientifiques s'en font une idée un peu plus précise. Passée la surprise de découvrir qu'il s'agissait d'une binaire de contact, c'est-à-dire un corps composé de deux éléments joints, ils s'affairent à déterminer sa densité, que l'on suppose très faible, et sont convaincus qu'il s'agit d'un objet poreux. À cela s'ajoute que compte tenu du très faible albédo de la surface (4 à 5 %), il est très peu probable que de la glace d'eau se trouve en surface. Enfin, et bien que le passage au périhélie (au plus près du Soleil) n'aura lieu que le 13 août 2015, certaines images montrent déjà des signes d’activités sous la forme de jets de gaz. Ils émanent de la région que les spécialistes de la mission désignent comme le « cou » et qui constitue la jointure entre les deux noyaux.

Si cette activité est une aubaine pour les scientifiques, elle représente un risque de plus pour Philae qui pourrait être pris dans un de ces jets de gaz et de particules pendant sa descente. C'est un des paramètres que les équipes de l'Esa et du Cnes maîtrisent le moins.

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