La moitié des étoiles qui ressemblent à notre Soleil sont de celles que les astronomes appellent des étoiles doubles. En réalité, des systèmes formés de deux étoiles en orbite l’une autour de l’autre. Une configuration qui n’est pas sans conséquence sur la composition des planètes qui les entourent. Y compris des planètes qui pourraient héberger une forme de vie extraterrestre.


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    Il y a tellement d'étoilesétoiles dans notre UniversUnivers. Tellement de planètes aussi. Y chercher les traces d'une vie extraterrestre, c'est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Sauf, peut-être, à se concentrer en priorité sur des planètes semblables à la seule planète que nous connaissons à avoir permis à la vie de se développer : notre Terre. C'est pourquoi les astronomesastronomes fouillent le ciel à la recherche d'étoiles proches du Soleil. Du moins de ses caractéristiques. Or, la moitié d'entre elles sont des étoiles doubles. Cela a-t-il un impact sur les chances d'y voir se développer la vie ?

    Possible, nous disent aujourd'hui des chercheurs de l’université de Copenhague (Danemark). Ils viennent de montrer que les systèmes planétaires se forment de manière très différente autour des étoiles doubles. Un processus qui pourrait augmenter les chances d'y voir se développer des planètes habitables.

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    Neuf exoterres sur dix autour d'étoiles doubles seraient propices à la vie

    Comme point de départ de ces travaux, il y a des observations réalisées grâce au Grand réseau d'antennes millimétrique/submillimétrique de l'Atacama (Alma, Chili). Elles montrent l'instantané d'une jeune étoile double - elle n'est âgée que de quelque 10.000 ans - entourée d'un disque de gazgaz et de poussière. Le système NGCNGC 1333-IRAS2A est situé à environ 1.000 années-lumièreannées-lumière de notre Terre. Il est composé de deux étoiles séparées l'une de l'autre d'environ 200 unités astronomiques. Comprenez, d'environ 200 fois la distance Terre-Soleil ou plus de six fois la distance Soleil-Neptune.

    Le rendu de l’une des simulations informatiques mises en œuvre par les chercheurs de l’université de Copenhague (Danemark) pour étudier la dynamique d’une étoile double. © Jørgensen, Kuruwita et al., Université de Copenhague
    Le rendu de l’une des simulations informatiques mises en œuvre par les chercheurs de l’université de Copenhague (Danemark) pour étudier la dynamique d’une étoile double. © Jørgensen, Kuruwita et al., Université de Copenhague

    Une zone habitable plus étendue

    À partir de ces observations, les astronomes ont lancé des simulations informatiquessimulations informatiques qui montrent que l'évolution du disque de gaz et de poussière - celui-là même qui est destiné à donner naissance à des exoplanètesexoplanètes - n'est pas linéaire. Tous les 1.000 ans environ et pendant dix à cent ans, il est secoué de mouvementsmouvements forts. En parallèle, l'étoile double devient très brillante. Dix à cent fois plus qu'en temps normal. Probablement un effet de la gravitégravité qu'exercent, l'une sur l'autre, les deux étoiles qui composent le système. Et qui, à certains moments, fait tomber d'énormes quantités de matière vers son étoile principale, entraînant un échauffement et donc, un accroissement de la luminositéluminosité de l'étoile en question.

    Ces sursautssursauts, disent les chercheurs, pourraient avoir une influence sur la structure du système planétaire en formation. Une influence sur la composition chimique du matériaumatériau à partir duquel les planètes vont se former. Car ces phases d'échauffement vont déclencher l'évaporation des grains de poussière et de la glace qui peut les entourer. Une influence, donc, sur l'étendue de celle que les chercheurs d'extraterrestres connaissent sous le nom de zone habitable. Une région dans laquelle de l'eau à l'état liquide peut exister, notamment.

    Pour mieux comprendre si le processus peut laisser une chance aux ingrédients de la vie de se rencontrer dans de tels systèmes d'étoiles doubles, les astronomes auront besoin de plus de données d'observations. Ils auront aussi besoin de savoir si des comètes à forte teneur en glace pourraient apporter, sur les planètes prêtes à cela, les briques de base de la vie. Pour y répondre, les chercheurs attendent encore beaucoup d'Alma, mais aussi des nouveaux instruments qui seront bientôt à leur disposition : le télescope spatial James-Webbtélescope spatial James-Webb (JWST), l'European Large Telescope (ELTELT) ou encore le Square Kilometre Array (SKA). Les astronomes disposeront alors d'une combinaison de sources d'information qui devrait donner des résultats intéressants.