Lorsque l’on parle de la vie, la présence d’eau liquide semble un paramètre incontournable. Mais parmi les autres critères qui font d’une planète un havre susceptible de permettre l’évolution d’une vie complexe, il y a l’inclinaison de son axe de rotation. En la matière, des chercheurs affirment aujourd’hui que le cas de notre Terre n’est pas particulier.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] L'Odyssée interstellaire : et si l'on découvrait une forme de vie extraterrestre évoluée ? Il est déjà possible d'imaginer scientifiquement, dans les grandes lignes, comment serait consnull

L'obliquité de notre Terre, c'est ce qui nous offre la succession des saisonssaisons. Et ce qui aide à maintenir, à la surface de notre planète, un climatclimat stable (le terme climat vient d'ailleurs du grec klima qui signifie inclinaison). L'un des prérequis à l'évolution d'une vie complexe. Or des astrophysiciensastrophysiciens de Georgia Tech (États-Unis) assurent aujourd'hui que 87 % des exoplanètesexoplanètes semblables à la TerreTerre que l'on pourrait trouver dans des systèmes binairessystèmes binaires -- lesquels sont extrêmement fréquents dans l'universunivers -- présenteraient une inclinaison et une dynamique d'axe de rotation similaires à celles de notre planète.

Les chercheurs ont d'abord noté qu'au fil de l'histoire du Système solaire, les douces variations d'obliquitéobliquité de la Terre -- entre 22,1° et 24,5° tous les 41.000 ans -- ont probablement été bénéfiques tant pour le climat que pour l'évolution de la vie. Elles lui auraient même permis d'avancer à grands pas. En revanche, les variations plus brutales de l'inclinaison de l'axe de Mars -- entre 10° et 60° tous les deux millions d'années -- semblent avoir contribué à la perte de son atmosphèreatmosphère. Une dynamique différente qui, probablement, éliminerait toute velléité de développement d'une vie complexe.

Puis, les chercheurs se sont demandé à quoi ressembleraient des jumelles de la Terre placées dans la zone habitable d'un système multiple comme Alpha Centauri (il se compose de trois étoilesétoiles : A, B et C). Pour l'heure, seule une exoplanète a été confirmée orbitant autour de la plus proche de nous, Alpha du Centaure C.

Le projet <em>Breaktrhough Starshot</em> prévoit d’envoyer des sondes spatiales du côté d’<em>Alpha Centauri</em>, le système stellaire le plus proche de notre Système solaire. Objectif : y découvrir des traces de vie extraterrestre. C’est peine perdue, à en croire les chercheurs de <em>Georgia Tech</em>. © Kevin Gill, Wikipedia, CC by-SA 2.0
Le projet Breaktrhough Starshot prévoit d’envoyer des sondes spatiales du côté d’Alpha Centauri, le système stellaire le plus proche de notre Système solaire. Objectif : y découvrir des traces de vie extraterrestre. C’est peine perdue, à en croire les chercheurs de Georgia Tech. © Kevin Gill, Wikipedia, CC by-SA 2.0

La déception Alpha du Centaure

Les deux étoiles principales du système, A et B, orbitent l'une autour de l'autre à une distance semblable à celle qui sépare notre SoleilSoleil d'UranusUranus. Soit une faible distance pour un système de ce genre. Mais les chercheurs se sont concentrés sur la dynamique d'inclinaison d'axe d'une exoTerre située dans la zone d'habitabilitézone d'habitabilité d'Alpha du Centaure B. Pour s'apercevoir que l'orbiteorbite très elliptique d'Alpha du Centaure A autour de sa jumelle provoquerait de désastreuses variations d'obliquité.

Mieux vaut encore ne pas avoir de satellite naturel.

La LuneLune ayant pour effet de stabiliser l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre, les astrophysiciens ont ajouté des lunes à leur modèle. Avec des conséquences encore pires au niveau du climat de l'exoplanète. Et l'apparition tous les millions d'années, d'âges de glace beaucoup plus rudes et plus longs que sur Terre. Autour d'Alpha du Centaure B, mieux vaut donc ne pas être accompagné d'un satellite.

Mais l'espoir est revenu lorsque les chercheurs ont élargi leur modèle à d'autres systèmes stellaires. Des systèmes dans lesquels les étoiles sont plus éloignées les unes des autres et dans lesquels les orbites sont moins elliptiques. La plupart des systèmes binaires que l'on rencontre dans l'univers. Des systèmes finalement, pour la plupart, propices à accueillir des exoplanètes dont l'inclinaison et la dynamique d'axe de rotation ressemblent à celles de notre propre planète. Et potentiellement, une forme de vie complexe...