Dans le cadre des travaux d'aménagement du contournement d'Evreux, une équipe de l'Inrap étudie, sur prescription du service régional de l'archéologie (Drac Haute-Normandie), jusqu'en juillet 2006, sur la commune de Parville, un vaste site du second âge du Fer et de l'époque gallo-romaine, occupé du Ier siècle avant notre ère au IVe siècle, à faible distance de la ville antique d'Evreux.
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Une ferme gauloise

La fouille archéologique a permis d'identifier une importante « ferme indigèneindigène » gauloise qui comprend, au sein d'un vaste enclos, des bâtiments domestiques et agricoles et un espace agraire aux alentours. Les limites de l'enclos sont matérialisées par un fossé de dimensions remarquables (360 m de périmètre, 3 m de large et 2 m de profondeur).

Un talus en terreterre longeait ce dernier à l'intérieur de la parcelle. Signe ostentatoire de propriété, l'aménagement de cet imposant fossé-talus témoigne d'un travail collectif et d'une main-d'œuvre abondante et plaide pour une demeure de rang hiérarchique élevé. La présence de monnaies d'or et d'argentargent originaires de cités gauloises lointaines corrobore cette hypothèse.

De plan rectangulaire ou carré, les édifices gaulois sont construits en boisbois et en terre. Leur étude architecturale repose essentiellement sur l'analyse des « trous de poteau » qui soutenaient les mursmurs et la toituretoiture.

L'agricultureagriculture constitue apparemment l'activité principale de cet établissement. La fouille a notamment permis de mettre en évidence les différents vestiges liés au stockage des denrées agricoles, comme des silos souterrains, des greniers surélevés et des amphores. Parmi les activités artisanales, la métallurgie tient une place particulière, dans la mesure où de nombreux déchetsdéchets témoignent du travail du ferfer.

Associée à cet établissement une nécropolenécropole à incinérations est située à une dizaine de mètres au sud-est de l'enclos.

Une domus romaine

Marquant une rupture avec l'architecture gauloise, les édifices gallo-romains datés des Ier au IVe siècles de notre ère se composent de plusieurs bâtiments reposant sur des fondations en silex et moellons calcairescalcaires liées au mortiermortier. Ils font partie d'un important établissement rural situé en périphérie de l'antique Mediolanum Aulercorum (Evreux).

La fouille porteporte notamment sur un bâtiment rectangulaire de type domus, installé sur le fossé gaulois. Il a livré de nombreux objets de la vie quotidienne (épingle en os, anneau en bronzebronze, tesselles de mosaïque...), ainsi qu'une balance en bronze en parfait état de conservation.

Un dépôt de faux sesterces

Au début des années 270 de notre ère, un dépôt monétaire est enfoui par les habitants de Parville. Ce petit pécule de 100 monnaies de bronze constitue alors une réserve de métalmétal de qualité. Un cinquième de cet ensemble se compose de sesterces usés appartenant au Haut-Empire (Néron, Marc Aurèle, Commode...). Le reste consiste en doubles sesterces à l'effigie radiée de Postume (260-269 de notre ère). Le revers évoque généralement une victoire navale de l'empereur gaulois sur les pirates francs. Si une dizaine de monnaies provient de l'atelier officiel de Trêves, la plupart sont des contrefaçons issues d'une officine clandestine, qui pourrait être celle de Châteaubleau (Seine-et-Marne) récemment découverte. Ces imitations frappées ou coulées sont de qualités inégales.

Après 250 de notre ère, la Gaule est une contrée très monétarisée où le numéraire officiel ne peut subvenir aux besoins. La politique monétaire de Postume imposant un double sesterce à peine plus lourd que l'ancien sesterce, se révèle un échec qui entraine le développement d'un faux monnayage semi-clandestin en Gaule