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La préparation administrative et logistique

Dossier - A la recherche de l'Homme de Néandertal en Provence
DossierClassé sous :préhistoire , archéologie , vaucluse

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Malgré l'intérêt que suscitent souvent les fouilles archéologiques auprès du grand public, elles restent cependant assez méconnues. Ce dossier présente les techniques de fouilles en archéologie préhistorique en prenant l'exemple du site pléistocène des Auzières, à Méthamis (Vaucluse)

  
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La deuxième étape, lorsque le site est trouvé, est de déposer une demande de permis de fouille. En effet, en France, on ne fait pas des trous où l'on veut et l'on ne ramasse pas outils de pierre taillée ou monnaie romaine comme on veut. La pratique de l'archéologie, même à titre d'amateur (au sens non professionnel), est strictement réglementée.

Cela n'est pas sans rigidité parfois, mais c'est indispensable à la protection du patrimoine archéologique. Cette demande est à faire auprès du Service d'Archéologie de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) de la région où se trouve le site. Elle est à renouveler tous les ans ou tous les trois ans. Parmi les nombreux documents indispensables à la constitution de ce dossier de demande de permis se trouve l'autorisation du propriétaire du terrain sur lequel se trouve le site.

On peut en effet comprendre, selon les circonstances, que le propriétaire d'un terrain ne soit pas forcément enthousiasmé de voir débarquer chaque année une bande d'archéologues malpropres lui chamboulant son terrain sur des surfaces parfois importantes. Monsieur Garrié, le propriétaire du terrain où nous fouillons, nous laisse y faire un gros trou depuis plusieurs années et nous lui en sommes très reconnaissants. Un autre volet de cette partie administrative correspond à la demande de financement. C'est que même si la pratique des fouilles archéologiques est en France une activité bénévole, cela coûte tout de même de l'argent. D'abord, il faut loger et nourrir tout le petit monde qui vient ainsi passer plusieurs semaines de vacances à creuser et gratter la poussière. Il faut aussi prendre en compte l'achat de tout un matériel assez varié indispensable à la réalisation de la fouille. Et puis il faut également budgétiser les analyses qui seront réalisées en aval de la fouille dans le cadre du travail scientifique (datations, sédimentologie, palynologie, traitement des données, etc...).

Photo 3 : Vue générale du site des Auzières, avec le village de Méthamis en arrière-plan. On aperçoit au milieu de l'image la bâche bleue tendue au dessus de la fouille. © Mathieu Mazières Reproduction et utilisation interdites

Les DRAC peuvent apporter ces financements. Parfois, il existe aussi au niveau départemental un service d'archéologie pouvant également financer les fouilles archéologiques. Cela peut même exister au niveau communal. Dans notre cas, notre fouille est financée à la fois par le Service d'Archéologie de la DRAC PACA et le Service d'Archéologie du Département de Vaucluse. Grâce à eux, notre travail se déroule dans de très bonnes conditions, humaines, matérielles et scientifiques. Qu'ils en soient tous deux remerciés.

Il faut ensuite mettre en route l'aspect logistique des choses, ce qui se fait chaque année, avec en général des progrès acquis par l'expérience. Là aussi, nous avons eu beaucoup de chances. La première est de travailler dans un cadre magnifique. Que ce soit le Comtat Venaissin en général, le village de Méthamis, ou plus précisément encore le flanc de vallée de la Nesque où se situe le site, c'est un plaisir de chaque instant que de travailler là (Photos 3 & 4).

Photo 4 : Le village de Méthamis est adossé sur un éperon rocheux dominant le lit de la Nesque. © François Marchal Reproduction et utilisation interdites

Nous avons eu la chance également de trouver une belle et grande ancienne maison dans le hameau des Bastides, un peu avant le village, qui abrite toute l'équipe pendant les quatre semaines de fouille. Un jardin ombragé nous offre même le luxe des grillades certains soirs. Nous retrouvons chaque année avec le même plaisir Monsieur et Madame Briançon qui nous hébergement, ainsi que plusieurs autres habitants du hameau avec qui nous passons beaucoup de moment agréables. Et qui nous font même parfois le grand plaisir de nous offrir melons, courgettes ou haricots verts que nos appétits de fouilleurs ont tôt fait d'engloutir. Notre chance enfin, est aussi de retrouver chaque année le GACR (Groupe Archéologique de Carpentras et de sa Région ). Cette association de passionnés d'archéologie dispose de locaux mais aussi de tout le matériel utile pour réaliser des fouilles. Ils pratiquent également eux-mêmes un certain nombre d'opérations archéologiques. En ce qui nous concerne, ils nous apportent chaque année, par le prêt du matériel, un précieux soutien logistique, et ont aussi plus d'une fois contribué au travail sur le terrain, comme lors de la pose de notre carroyage.