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Dossier - A la recherche de l'Homme de Néandertal en Provence
DossierClassé sous :préhistoire , archéologie , vaucluse

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Malgré l'intérêt que suscitent souvent les fouilles archéologiques auprès du grand public, elles restent cependant assez méconnues. Ce dossier présente les techniques de fouilles en archéologie préhistorique en prenant l'exemple du site pléistocène des Auzières, à Méthamis (Vaucluse)

  
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Première question, comment trouve-t-on un site préhistorique ? Cela repose essentiellement sur une excellente connaissance du terrain et une patience à toute épreuve. L'œil exercé sait repérer les endroits propices aux dépôts et à la conservation de sédiments pléistocènes, époque géologique à laquelle on trouve des restes humains en Europe.

Mais, s'il faut effectivement qu'il y ait des sédiments pléistocènes pour qu'il y ait des fossiles conservés dedans, l'inverse n'est pas vrai et tous les sédiments pléistocènes ne contiennent pas de fossiles, tant s'en faut. La seule façon de le savoir est de les creuser sur une petite surface. Ce test (soumis à autorisation, voir ci-dessous) permet d'avoir un premier aperçu de la stratigraphie et de savoir ce que contiennent les sédiments. On appelle cela un sondage. Les cas de découvertes fortuites sont somme toute assez rares, même s'il faut compter aussi un peu sur la chance. Les spéléologues notamment, par leur fréquentation assidue des grottes, peuvent être à l'origine de découvertes de sites parfois très importants.


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Photo 1 : Vue panoramique montrant la position de la fouille du site des Auzières 2, à gauche, par rapport à la grotte des Auzières 1, à droite. Malgré l'effet de distorsion dû au remontage des photos ayant servi à construire ce panoramique, les deux cavités sont orientées de la même façon et la paroi rocheuse dans laquelle elles sont creusées est très plane.
© Alain Marais
Reproduction et utilisation interdites

Dans notre cas, le site était déjà trouvé. Dans les années 70, Maurice Paccard et Michel Livache, des préhistoriens vauclusiens, avaient en effet décidé d'entreprendre un sondage dans une petite grotte appelée les Auzières, sur la commune de Méthamis, non loin de Carpentras, dans le Vaucluse. Ils étaient motivés en ce sens par des petits placages de sédiments présents dans certaines anfractuosités de la grotte, et contenant quelques pièces d'industrie lithique (outils taillés), sans doute mésolithiques (période de « transition » entre le Paléolithique et le Néolithique). Le sondage qu'ils firent dans cette cavité ne livra rien. Les sédiments qui restaient dans cette grotte étaient stériles. Mais, le long de la petite barre calcaire dans laquelle est creusée la cavité, un encorbellement signalait une probable deuxième grotte à quelques mètres seulement de la première (Voir Photo 1).

Photo 2a : le site des Auzières 2 avant début des travaux. On voit au premier plan les déblais du premier sondage, et un peu en arrière au sommet du talus, les piquets de protection de ce sondage. De là, le talus plonge légèrement vers la cavité dont l'ouverture est masquée par le niveau du sol, légèrement à droite des piquets © François Marchal Reproduction et utilisation interdites

Et contrairement à cette dernière, la deuxième cavité était emplie de sédiments presque jusqu'au plafond (Photos 2a & b). Un second sondage fut donc réalisé à l'aplomb de la paroi.

Photo 2b : même vue après terrassement et arrachage des arbres. L'entrée actuelle de la cavité est cette fois bien visible. On voit que le sédiment atteint presque le plafond de la grotte. Au premier plan, l'ancienne paroi de la partie proximale de la grotte était enterrée sous la terre. © François Marchal Reproduction et utilisation interdites

Trois mètres cinquante plus bas, les sédiments livraient des restes de faune fossile, cheval et hyène des cavernes. Il s'agissait très probablement d'une faune correspondant à la dernière période glaciaireLe Mésolithique recherché n'était donc pas au rendez-vous. Plus récents que la dernière glaciation, les vestiges mésolithiques, s'ils avaient été présents, auraient été trouvés stratigraphiquement bien au dessus des restes de faune découverts. Les deux préhistoriens interrompirent le travail, protégèrent les abords de leur trou de sondage et publièrent la faune découverte en compagnie de paléontologues. Lorsque nous cherchâmes un site à fouiller, celui-ci nous tendait les bras. On savait déjà qu'il contenait de la faune bien conservée dont l'âge approximatif pouvait correspondre à l'époque où vivaient les néandertaliens dans la région, mais tout le reste restait à faire.