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Archéologie, découverte exceptionelle à Toulouse des vestiges d'un château

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À l'occasion de la restructuration du palais de justice de Toulouse par le ministère de la Justice, des fouilles archéologiques préventives prescrites par l'État (service régional de l'archéologie, Drac Midi-Pyrénnées) et conduites par une équipe de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont mis au jour les vestiges du château médiéval des comtes de Toulouse.

Vue générale du château. © Cl. O.Dayrens/Inrap .

Une architecture de briques exceptionnelle

Grille de la tour de l'horloge. © Cl. O. Dayrens/Inrap

Consécutive, à la démolition de l'aile sud de l'ancien palais de justice, la fouille archéologique entreprise le 8 août dernier vient de mettre en évidence de très imposants vestiges du " château Narbonnais ". Si les données historiques permettaient de situer à cet emplacement la fameuse résidence des comtes de Toulouse, le récit de sa destruction dans les années 1550 laissait peu d'espoir d'en retrouver des traces significatives. Or, c'est la quasi totalité de la façade sud et son angle oriental qui nous sont aujourd'hui révélés. Puissamment contreforté, ce mur en briques de 2,40 m de largeur, tout à fait unique dans l'architecture militaire médiévale et conservé sur plus de 30 m de longueur et 4 m de hauteur, donne la mesure de l'ampleur de ce château - berceau de la famille de Toulouse - cité par les textes depuis la fin du XIe siècle.

Toulouse, haut lieu de l'histoire de France

Au-delà de la qualité de l'architecture mise au jour, qui constitue, pour l'ensemble du Sud-Ouest de la France, un exemple rarissime en milieu urbain de fortification comtale majeure, c'est l'importance historique et emblématique de la découverte qu'il convient de souligner.

Toulouse est le cœur du pouvoir de la famille des comtes de Toulouse, ducs de Narbonne, qui a aspiré à une couronne royale avec Raymond IV et qui fut l'une des plus importantes puissances européennes au XIIe siècle. Le château Narbonnais qui vient d'être découvert est le cœur de ce cœur, le centre d'où émanait l'autorité comtale. Il fut très vraisemblablement construit à l'emplacement de la porte gallo-romaine qui s'ouvrait dans le rempart de Tolosa aux premiers siècles de notre ère, porte principale d'accès à la cité depuis la Gaule narbonnaise. C'est en référence à ce lointain passé que, au Moyen Âge, le château comtal est appelé " château Narbonnais ".

Vue intérieure du château. © Cl. O.Dayrens/Inrap

Les éléments de comparaison qui permettent de mesurer l'importance de cet édifice sont rares : le château fortifié du Louvre à Paris est le site qui vient à l'esprit en premier lieu. La référence s'impose d'autant plus que, en 1271, suite à la réunion du comté de Toulouse à la couronne royale, le château Narbonnais devient château royal et ses extensions (tour de l'Horloge et rempart) témoignent de la place majeure occupée alors par Toulouse dans le jeu des ambitions méridionales des Capétiens.

La poursuite de la fouille

La fouille qui doit se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, n'en est qu'à ses débuts. La chronologie des vestiges mis au jour se verra précisée, de même que l'évolution de tout le système défensif du château et de la ville de l'Antiquité à la Révolution, dans ce haut lieu historique que constitue l'emprise de l'actuel Palais de Justice.

Vue zénithale de la tour, du rempart, du fossé, fin XIII. © Cl. O.Dayrens/Inrap

Cette découverte exceptionnelle confirme une nouvelle fois le rôle historique majeur joué par Toulouse depuis ses origines qui remontent aux derniers siècles de l'indépendance de la Gaule celtique.

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