Le télescope de Green Bank (GBT) est le plus grand radiotélescope orientable du monde. Ses équipements font partie du réseau du National Radio Astronomy Observatory (NRAO) et se situent à Green Bank en Virginie-Occidentale, aux États-Unis. C'est cependant un radiotélescope voisin plus petit qui vient d'être modernisé pour faire des observations par synthèse d'ouverture aux côtés de RadioAstron, le Hubble russe pour la radioastronomie. © Green Bank, NRAO

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L'observatoire de Green Bank fait équipe avec RadioAstron

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Le véritable programme scientifique du radiotélescope russe en orbite, RadioAstron, vient de commencer. Il fait équipe avec le célèbre observatoire de Green Bank. Dans le cadre de son programme scientifique préliminaire, il est déjà parvenu à des observations d'une résolution supérieure à 1/10.000 de seconde d'arc. C'est plusieurs centaines de fois mieux que Hubble et la plus haute résolution jamais atteinte en astronomie.

L'observatoire de Green Bank se situe en Virginie-Occidentale aux États-Unis. Il compte plusieurs radiotélescopes dont le plus célèbre actuellement est le Robert C. Byrd Green Bank Telescope (GBT), en  hommage au sénateur Robert Byrd. La construction du télescope fut décidée après l'effondrement de son prédécesseur, une parabole de 90 m, le 15 novembre 1988.

C'est cependant le radiotélescope Howard E. Tatel qui fut utilisé par Robert Drake pour le projet Ozma, les prémices du programme Seti. Rappelons aussi que c'est encore à l'observatoire de Green Bank qu'ont été menés les travaux conduisant à la découverte de la fameuse raie à 21 cm de l'hydrogène.

Le radiotélescope de 43 m de diamètre de l'observatoire de Green Bank, qui va faire équipe avec RadioAstron. Depuis 2001, il n’avait plus été utilisé pour des observations de radioastronomie. © NRAO

Un radiotélescope modernisé pour travailler avec RadioAstron

Le National Radio Astronomy Observatory (NRAO, l'Observatoire national de radioastronomie américain) vient d'annoncer qu'un autre des radiotélescopes de Green Bank venait de recevoir un second souffle. Il s'agit d'une antenne parabolique de 43 m, connue sous le nom de 43 Meter (140 Foot) Telescope, datant de 1965 et qui n'était plus utilisée depuis 2001 pour faire des observations astronomiques de routine.

De fin juillet à début août 2013, des ingénieurs russes et américains ont fait équipe avec leurs collègues radioastronomes pour installer des équipements plus modernes. Le télescope de 43 m est maintenant capable de faire de l'interférométrie avec le Hubble russe de la radioastronomie, le célèbre RadioAstron. Il le complète, au sol.

Les astronomes pourront désormais utiliser le radiotélescope de Green Bank en combinaison avec les autres radiotélescopes pour des observations en synthèse d'ouverture. Cette technique, qui fonctionne aussi bien avec les ondes radio qu'avec de la lumière visible, permet d'atteindre les performances d'un télescope virtuel géant, dont le diamètre du miroir serait égal à la distance entre deux télescopes couplés.

Une vue d'artiste du Hubble russe, RadioAstron (ou Spektr R), le radiotélescope spatial développé par le centre spatial Astro rattaché à l'Institut de physique Lebedev. © Tigovik, Wikipédia

Étudier les quasars et les pulsars avec un radiotélescope géant

Les astrophysiciens attendent beaucoup de ce programme. En offrant une résolution angulaire record, bien que dans le domaine des ondes radio, RadioAstron devrait permettre de tester bon nombre d'idées sur les trous noirs supermassifs à l'origine, pense-t-on, des quasars et des noyaux actifs de galaxie. On espère aussi qu'il affinera notre connaissance des étoiles à neutrons et des pulsars. Il se pourrait, en outre, qu'il nous donne des clés pour comprendre la matière noire et l'énergie noire. Le plus extraordinaire serait qu'il nous apprenne que certains trous noirs supermassifs, comme celui de la Voie lactée, sont en réalité des trous de ver.

« Les préliminaires du programme scientifique de RadioAstron viennent de s'achever. Ils ont déjà apporté de nombreuses surprises aux scientifiques qui étudient les quasars, les pulsars et le milieu interstellaire. Nous nous attendons à des résultats encore plus passionnants avec notre programme de recherche qui vient juste commencer », a déclaré Yuri Kovalev, de l'Institut de physique Lebedev et de l'Académie des sciences de Russie, le principal responsable scientifique du projet RadioAstron.

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