Un météore de l'essaim des Taurides. © Ivo Scheggia
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Météores : le réseau mondial Fripon rend son rapport

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Fripon, le réseau français et désormais international d'observations de météores, nous présente ses résultats après deux ans d'opération. Avec 150 caméras dans le monde à ce jour, ce sont près de 4.000 météoroïdes qui ont été détectés et caractérisés. Le flux de météoroïdes obtenu est compatible avec les précédentes estimations.

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Des poussières et rochers plus ou moins gros, il en tombe sur Terre environ une centaine de tonnes chaque jour. Cela peut paraître beaucoup mais, fort heureusement, à l'échelle humaine, bien rares sont les impacteurs qui posent un réel danger. Un astéroïde d'environ 100 mètres de large percute la Terre en moyenne tous les 5.000 ans et les astéroïdes plus gros encore plus rarement. Les astéroïdes bien plus petits, eux sans danger, sont bien plus nombreux et, parmi ces chutes quotidiennes, des objets dont la taille va du centimètre au mètre conduisent tous les jours ou presque à des observations de météores (ou étoiles filantes) quelque part sur Terre.

Fripon, chasseur international de météores

L'histoire de Fripon, c'est-à-dire le Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network, « Réseau de récupération de boules de feu (bolides) et d'observation interplanétaire » en français, démarre en 2011, quand un brillant météore est observé un peu partout en Bretagne. François Colas et plusieurs autres experts cherchent à déterminer la cause et l'origine du phénomène mais, même s'il est probablement dû à l'entrée dans l'atmosphère d'un petit astéroïde, ils ne réussiront pas à le prouver. Cette mésaventure leur donne alors l'idée de doter la France d'un réseau automatisé de détection des bolides. Le but ? En cas de chute de météorite, pouvoir la récupérer le plus tôt possible, pour éviter son altération. Ces détections permettraient également de contraindre les régions sources des différentes classes de météorites, d'enrichir la collection nationale de météorites avec des échantillons rares et non altérés et de faire de la science participative en communiquant avec le public.

Le projet mené François Colas, Brigitte Zanda et Sylvain Bouley prend forme en 2013 et les premiers tests démarrent la même année. Le financement de l'Agence nationale de la recherche commence début 2014 et les premières caméras sont installées en 2015. Le réseau surveille les météores à partir de 2016 et devient pleinement opérationnel en 2018.

Le réseau Fripon en Europe et au Canada fin 2019. © F. Colas et al. (2020)

Le projet, initialement limité à la France, va rapidement s'étendre au-delà de l'Hexagone avec des caméras aujourd'hui présentes dans plusieurs autres pays d'Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Pays-Bas, Roumanie, Royaume-Uni et Suisse) mais aussi d'autre pays et territoires dans le reste du monde (Brésil, Canada, Chili, Mexique, Maroc, Pérou et Tunisie ainsi que le département d'outre-mer de la Réunion) : eh oui, les bolides ne connaissent pas de frontières ! Fripon a ainsi actuellement 150 caméras (dont une centaine en France) et 25 récepteurs radio, le tout couvrant une superficie d'environ un million et demi de kilomètres carrés (l'équivalent de près de trois fois la surface de la France).

Des milliers de détections

Le niveau d'automatisation du réseau permet de déclencher une campagne de récupération de météorite quelques heures seulement après son arrivée à la surface de la Terre. Les campagnes de récupération ne sont organisées que pour les météorites dont la masse finale est estimée à au moins 500 grammes, ce qui correspond à environ un événement par an en France. Pour les masses finales plus petites, de l'ordre de 50 à 100 grammes, ce qui se produit environ trois fois par an, l'information est transmise aux médias locaux afin qu'elle puisse atteindre les habitants vivant à proximité de la chute.

Flux de petits corps percutant la Terre (en nombre d'impacts par an, échelle de gauche) en fonction du diamètre équivalent (en mètres, échelle du haut) ou, de façon équivalente, de l'énergie des bolides (en kilotonnes de TNT, échelle du bas). Les détections du réseau Fripon se situent dans le domaine entre les planètes mineures (astéroïdes et assimilés), détectées par les télescopes, et les impacts planétaires et la poussière interplanétaire, détectés par les réseaux de détection de météores. La flèche correspond au mode nominal de Fripon ; la ligne pointillée correspond à de rares événements, détectables par Fripon mais avec une très faible probabilité. © Brown et al. (2002), F. Colas et al. (2020)

À l'heure actuelle, Fripon a permis de détecter et caractériser près de 4.000 météoroïdes. Ces résultats ont permis de constater que leurs orbites semblent suivre une distribution bimodale, avec une population cométaire et une population provenant de la ceinture principale. Environ 55 % des météores sont sporadiques, c'est-à-dire qu'ils n'appartiennent à aucun essaim de météores. Les météores sporadiques proviennent essentiellement d'astéroïdes, alors que les météores formant des essaims sont généralement d'origine cométaire. Ces observations ont permis d'estimer le flux de météoroïdes mesurant plus d'un centimètre : 1.250 par an par million de kilomètres carrés, c'est-à-dire de l'ordre de 640.000 par an (1.750 par jour) sur l'ensemble de la planète. Cette valeur est compatible avec les estimations précédentes. Le flux de météorites de plus de 100 grammes est, lui, estimé à 14 par an par million de kilomètres carrés, c'est-à-dire de l'ordre de 7.140 par an (20 par jour) sur l'ensemble de la planète, valeur compatible avec les données d'autres réseaux mais inférieure à celles obtenues à partir de la collecte de météorites.

  • Fripon est un réseau français, aujourd'hui étendu à d'autres pays en Europe et dans le monde, qui vise à détecter les bolides, autrement dit les chutes de météoroïdes.
  • Le but est de récupérer, le cas échéant, les météorites le plus rapidement possible après leur chute sur Terre, et aussi de contraindre les régions sources des différentes classes de météorites, d'enrichir la collection nationale de météorites avec des échantillons rares et non altérés et de faire de la science participative en communiquant avec le public.
  • À ce jour, le réseau comporte 150 caméras dans le monde, dont une centaine en France, et a permis de détecter et caractériser près de 4.000 météoroïdes.
  • Le flux de météoroïdes de plus d'un centimètre est estimé à 1.250 par an par million de kilomètres carrés, ce qui est compatible avec les estimations précédentes. Le flux de météorites de plus de 100 grammes est lui estimé à 14 par an par million de kilomètres carrés, ce qui est compatible avec les données d'autres réseaux mais inférieur à celles obtenues à partir de la collecte de météorites.
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