Illustration du survol de la Terre par la sonde Osiris-Rex. © Nasa, GSFC, University of Arizona

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La Terre photographiée par Osiris-Rex

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En route vers l'astéroïde Bennu pour l'étudier, et aussi en rapporter des échantillons, la sonde Osiris-Rex a fait un petit détour (programmé) par la Terre, le 22 septembre dernier. L'occasion de prendre une jolie photo de notre Planète.

Lancée le 8 septembre 2016, Osiris-Rex est revenue ce vendredi 22 septembre 2017 survoler la Terre. À 18 h 52 (heure de Paris), la sonde spatiale atteignait sa plus petite distance avec la surface terrestre : 17.237 km juste au sud du cap Horn, en direction de l'Antarctique. Le vaisseau s'est ensuite éloigné, filant vers le nord, en passant au-dessus du vaste océan Pacifique.

L'image ci-dessous a été prise quelques heures après qu'Osiris-Rex eut accompli son assistance gravitationnelle, une opération « fondamentale » visant à accélérer — et aussi ajuster — son voyage vers Bennu. La sonde était alors à quelque 170.000 km de notre petite boule bleue. Pour les équipes de la mission, ce rendez-vous était aussi l'occasion de tester et calibrer les différents instruments.

Osiris-Rex était à 170.000 km de la Terre quand cette image a été prise avec la MapCam de la suite d’instruments Ocams (Osiris-Rex Camera Suite). © Nasa, GSFC, University of Arizona

Osiris-Rex en route vers un astéroïde potentiellement dangereux

Clin d'œil à la grande divinité égyptienne, le nom Osiris-Rex est aussi l'acronyme de Origins, Spectral Interpretation, Resource Identification and Security, Regolith Explorer. Sa mission est d'approcher et étudier l'astéroïde potentiellement dangereux 1999 RQ36 (c'est l'un des plus menaçants : il y a une chance sur 2.500 qu'il entre en collision avec la Terre au XXIIe siècle), baptisé en 2013 Bennu (ou Bénou), en référence à l'oiseau représentant l'âme dans la mythologie égyptienne. La sonde spatiale devrait arriver à destination fin 2018.

Au terme de la mission d'Osiris-Rex, en 2023, un échantillon de la surface du géocroiseur sera expédié vers la Terre pour analyse. « Nous allons à Bennu parce que nous voulons savoir de quoi il a été témoin au cours de son évolution », expliquait Edward Beshore, chercheur principal adjoint de la mission.

Pour en savoir plus

Exploration du Système solaire : la Nasa sélectionne la mission Osiris-Rex

Article de Rémy Decourt publié le 30 mai 2011

La Nasa a sélectionné une mission qui pourrait aider à mieux comprendre la formation du Système solaire et l'apparition de la vie sur Terre. Elle prévoit le retour d'échantillons d'un astéroïde primitif.

La Nasa a sélectionné Osiris-Rex, une mission ambitieuse qui a pour objectif de rapporter sur Terre des échantillons de l'astéroïde 1999 RQ36. Cet objet d'environ 570 mètres a deux particularités. Il abriterait des composés organiques primitifs, ceux-là même que l'on suppose à l'origine de l'apparition de la vie et, de plus, il serait un astéroïde géocroiseur susceptible d'entrer un jour en collision avec la Terre.

Cette mission de 800 millions de dollars (hors lanceur) s'inscrit dans le programme New Frontiers de la Nasa. Elle a été préférée aux deux autres candidates, Sage et Moon Rise. La première devait déterminer les raisons de la différence entre Vénus et la Terre, malgré leurs similitudes de taille, de masse et de composition. Moon Rise, elle, consistait à poser un atterrisseur dans le bassin Aitken, au pôle sud de la Lune, pour y prélever, avant de les rapporter sur Terre, environ 2 kilogrammes d'échantillons que l'on suppose provenir de l'intérieur de notre satellite.

Osiris-Rex sera lancée en 2016 et atteindra son objectif en 2020. Elle passera plusieurs mois à étudier l'astéroïde sous toutes ses coutures. Une fois que la surface aura été cartographiée, la Nasa choisira l'endroit où seront récupérés les échantillons. La sonde le fera à l'aide d'un bras robotique et devrait retourner sur Terre en 2023.

Cette sonde va également mesurer avec précision, et ce pour la première fois, dans quelle proportion la lumière solaire peut avoir un effet sur la rotation des petits objets. Ce phénomène naturel connu sous le nom d'effet Yorp (Yarkovsky-O'Keefe-Radzievskii-Paddack), pourrait nous aider à prévoir les risques de collision des géocroiseurs en étant capables de déterminer avec exactitude leur orbite.

Les missions de retour d’échantillons promises à un bel avenir

La maturité des technologies nécessaires au retour d'échantillons offre de nouvelles perspectives aux chercheurs, conscients que sur la durée, le retour scientifique est sans commune mesure avec les missions in situ.

En effet, le travail dans l'espace d'instruments installés sur une sonde impose des matériels répondant à des exigences très précises en matière de puissance, de masse, de taille et de fiabilité, ce qui limite d'autant leur capacité. De plus, plusieurs années s'écoulent entre le début du projet et le démarrage de la mission en vol, de sorte qu'il n'est pas rare d'envoyer dans l'espace des instruments dont on sait qu'ils sont déjà moins performants que ceux, plus récents, opérant à terre. Bien conservés, les échantillons pourront être étudiés plusieurs années après leur retour sur Terre avec de nouveaux instruments qui n'existaient pas au moment de leur retour, comme c'est le cas avec les roches lunaires rapportées par les missions Apollo et qui continuent à fournir des informations.

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