Illustration d’un cortège d’astéroïdes. © trahko, fotolia

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Journée mondiale des astéroïdes : que peuvent-ils nous révéler ?

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Pour la Journée internationale des astéroïdes, l'astrophysicien Francis Rocard parle de ces corps célestes qui nous intriguent, nous attirent et parfois nous inquiètent. Des centaines de milliers d'astéroïdes qui sont autant de mines d'informations sur la naissance des planètes et aussi, pour certains, de nouvelles mines à exploiter.

En 2013, les habitants de Tcheliabinsk, dans l'Oural (Russie), se sont fait une belle frayeur lorsqu'un astéroïde de 16 mètres a explosé à basse altitude, causant de gros dégâts. Pour impressionnant qu'il soit, cet évènement est heureusement peu fréquent. En effet, « chaque année, la masse équivalente d'astéroïdes qui tombe sur Terre se chiffre en tonnes mais, le plus souvent, ce sont des objets de petite taille qui se pulvérisent en entrant dans l'atmosphère sans dommages », précise Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du Système solaire au Cnes.

Évidemment, les risques augmentent avec la taille : un objet d'un kilomètre creuserait un cratère d'une dizaine de kilomètres, et au-delà de deux kilomètres, ses effets seraient dévastateurs et globaux. Mais pas d'inquiétude, Armageddon n'est pas pour demain ! Sur les quelque 730.000 astéroïdes recensés, parmi lesquels 900 géocroiseurs (ou NEO pour Near Earth Objects) de plus d'un kilomètre - ceux dont l'orbite croise celle de la Terre -, aucun ne présente un risque identifié.

Répartition des astéroïdes dans le Système solaire. © Nasa
Ils sont très intéressants parce que ce sont les restes de planètes qui ne se sont pas formées

Les astéroïdes sont des mines d’informations

« Si le risque devenait vraiment important, la question serait de savoir de combien de temps on dispose, poursuit Francis Rocard. Plusieurs stratégies ont été étudiées, comme la mission Dart, qui partira peut-être en 2020 pour tester la déviation par impact de Didymoon, la lune de l'astéroïde Didymos. »

Indépendamment de la question du risque, les astéroïdes intéressent les planétologues au plus haut point. Ces objets célestes, de petite taille comparée aux planètes, gravitent pour la plupart dans la Ceinture principale, entre Mars et Jupiter, et également dans la ceinture de Kuiper, au-delà de Neptune. Souvent rocheux, parfois hydratés ou métalliques, ils sont de compositions très variables.

« Ils sont très intéressants parce que ce sont les restes de planètes qui ne se sont pas formées, détaille Francis Rocard. Les plus petits ont conservé les signatures chimiques et minéralogiques des matériaux qui ont constitué le Système solaire au moment de sa formation. Cela permet d'étudier l'origine et l'évolution du Système solaire. »

Le géocroiseur YB35, au premier plan de l’image composite, est passé près de la Terre le 27 mars 2014. Il repassera dans les parages en 2033. © J. Major

Depuis la mission Near, à la fin des années 1990, qui a étudié le géocroiseur Éros, une dizaine d'astéroïdes ont été survolés par des sondes, tels que Steins et Lutetia, atteints par la mission européenne Rosetta, Cérès et Vesta visités par Dawn, ou encore Itokawa, par la sonde Hayabusa (la première a avoir rapporté sur Terre des échantillons).

« Plusieurs missions en cours ont pour but de rapporter sur Terre des échantillons : le Cnes contribue avec l'atterrisseur Mascot à la mission japonaise Hayabusa 2, qui arrivera au voisinage de l'astéroïde Ryugu en 2018. Osiris Rex, quant à lui, rapportera en 2023 des échantillons de l'astéroïde Bennu. »

Et après ? En 2017, la Nasa a décidé deux nouvelles missions : Lucy, en 2021, qui étudiera les astéroïdes troyens de Jupiter, et Psyché, qui partira en 2022 pour rendre visite, pour la première fois, à un astéroïde métallique. Au-delà de l'exploration scientifique, faut-il y voir un nouveau gisement de ressources minières ? Cela reste hautement spéculatif, mais ils sont une mine d'informations, sans aucun doute...

En vidéo : la future sonde Psyché survole l'étrange astéroïde du même nom  La Nasa offre un avant-goût de la mission Psyché, qui doit être lancée en 2023, autour de l’astéroïde du même nom. D’un diamètre estimé à 210 kilomètres, il est l’un des dix corps les plus massifs de la ceinture principale, entre Mars et Jupiter. C’est aussi l’un des plus étranges. De par sa composition essentiellement métallique, il est considéré comme le reste du noyau d’une ancienne planète. Pour les astronomes, une enquête sur le cas unique de Psyché s’impose. Ce fossile a beaucoup à dire sur nos origines.