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Phobos-Grunt, hors de contrôle, devrait s'écraser sur Terre

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(MAJ) Un mince espoir subsiste

L'échec de la mission Phobos-Grunt plonge l'Agence spatiale russe et l'équipe industrielle en charge du projet dans l'expectative. Un échec qui risque de freiner les plans du nouveau chef de Roscosmos qui souhaitait redonner à l’exploration russe son lustre d’antan. © Roscosmos

L’Institut de recherche spatiale de l'Académie des sciences russe (IKI) joue sa dernière carte pour reprendre le contrôle de Phobos-Grunt. L'IKI demande aux réseaux d'observateurs, qu'ils soient professionnels ou amateurs, de leur communiquer toute donnée d'observation visuelle du satellite. La Norad (North American Aerospace Defense Command) en fait partie et publie sur le Web les informations, dont les coordonnées de Phobos-Grunt.

La sonde, qui tourne autour de la Terre en 90 minutes, est apparemment très brillante. L'idée est de tester la variation de sa luminosité pour déterminer si elle reste en orientation fixe ou bien si elle est en rotation. Malgré l'impossibilité de communiquer avec Phobos-Grunt, les quelques observations visuelles semblent montrer que son orientation reste stable, ce qui prouverait qu'elle a encore un contrôle d'attitude opérationnel et laisserait encore un - très, très - mince espoir de la réveiller.

Article original paru le 13/11/2011 à 19 h 22

Malgré toutes ses tentatives pour reprendre le contrôle de Phobos-Grunt, l'Agence spatiale russe n'a pas réussi à le faire. La sonde devrait s'écraser sur Terre sans que l'on sache où et quand. 

Lancée la semaine dernière, dans la nuit de mardi à mercredi par une fusée Zenit 2 du cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, la sonde Phobos-Grunt n'a pas réussi à quitter la Terre. Elle est restée en orbite au lieu d'être propulsée par ses moteurs à destination de Phobos, un des deux satellites de Mars.

Malgré l'aide de la Nasa et de l'Agence spatiale européenne pour prendre le contact avec la sonde, les contrôleurs au sol ne sont pas parvenus à communiquer avec Phobos-Grunt, de sorte qu'il sera très difficile de comprendre les raisons de cet échec. Pourtant, quelques heures après la perte de contact de la sonde, nombreux étaient ceux qui pensaient que la situation n'était pas désespérée et que Phobos-Grunt finirait par partir vers Mars.

L'enquête pour expliquer les causes de cet échec n'a pas débuté que, déjà, on reproche à l’Agence spatiale russe et le constructeur de la sonde (NPO Lavotchine) une architecture trop complexe et un protocole qui ne permettait pas aux antennes de communication de se déployer en orbite terrestre. © Space Research Institute (IKI)

Phobos-Grunt devait signer le grand retour de la Russie dans l'exploration planétaire depuis l'échec en 1996 de la sonde Mars 96, qui était retombée dans l'océan Pacifique. Cet échec est également celui de la première mission de la Chine vers Mars, car la sonde devait mettre en orbite le satellite Yinghuo-1, pour étudier la haute atmosphère martienne et son champ magnétique.

Une rentrée atmosphèrique sous surveillance

La sonde qui se trouve à quelque 200 kilomètres d'altitude doit retomber sur Terre, au plus tard début décembre. D'ici là son orbite et sa trajectoire vont être affinées pour prévoir le point de chute que l'on espère au-dessus de l'océan Pacifique. En effet, les 10 tonnes d'hydrazine et peroxyde d'azote qu'embarque Phobos-Grunt forment un carburant très toxique et mortel à forte dose. Les autorités craignent que ce carburant soit gelé au moment de la rentrée atmosphérique et qu'il ne soit pas consumé entièrement après sa traversée, avec le risque qu'il retombe sur des zones habitées.

Une situation qui n'est pas sans rappeler celle de février 2008 quand les États-Unis avaient abattu un de leurs satellites espions (USA-193) à l'aide d'un missile plutôt que de risquer cette possibilité.

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