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Phobos-Grunt : un aller-retour pour Phobos, satellite naturel de Mars

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Efraïm Akim, docteur en physique et mathématiques appliquées de l'Institut Keldysh des Sciences de Moscou, confirme par l'intermédiaire de l'agence de presse Ria-Novosti que la mission Phobos-Grunt sera bien lancée en 2009 en direction de Phobos, satellite naturel de Mars, avec retour d'échantillons.

Phobos, vue par Mars Global Surveyor

Rompant avec la technologie du tir direct, Phobos-Grunt prendra le départ depuis une orbite de transfert terrestre et sera équipé d'un moteur ionique à l'instar de la sonde lunaire européenne Smart-1 dont on a pu récemment mesurer toute l'efficacité. Cela entraînera une économie de masse qui se répercutera sur le type de lanceur (un Soyouz-Fregat) ainsi que sur l'importance consacrée à l'instrumentation scientifique à bord.

Représentation de Phobos-Grunt

Après 10 à 11 mois de voyage, Phobos-Grunt se mettra en orbite autour de Mars sur une trajectoire sensiblement parallèle à celle de Phobos et commencera à en cartographier précisément la surface. La forme très irrégulière de Phobos (27 x 21 x 18 km), sa très faible force de gravitation et surtout les perturbations engendrées par la proximité de Mars, qu'il survole à seulement 6000 km de distance, empêchent toute satellisation. Les scientifiques de la mission pourront alors déterminer l'endroit propice à un prélèvement d'échantillons de sol.

On devrait plutôt parler de "rendez-vous spatial" que d'atterrissage, en raison du faible pouvoir d'attraction du petit astre. Le contact, à vitesse réduite, provoquera la collecte automatique de 300 à 400 grammes de roches et de poussière, qui seront transférées dans une capsule de retour. Celle-ci sera ensuite éjectée et reprendra le chemin de la Terre, tandis qu'environ 50 kg d'instruments scientifiques resteront en surface.

Phobos est un objet très sombre (albédo 0,07), dont la composition semble similaire à celle des astéroïdes de type C (chondrite carbonée), communs dans la ceinture externe. Les scientifiques pensent qu'il s'agit d'un astéroïde capturé par la force d'attraction de Mars, autour de laquelle il s'est satellisé.

Sa faible gravité de surface (1/1200e de la gravité terrestre) et sa faible vitesse de libération (11 mètres/sec) en font une cible de choix pour une collecte d'échantillons de sol. Jusqu'ici Phobos n'avait été étudiée que par la sonde soviétique Phobos 2 (1988-89), qui avait pu entre autres déterminer que des gaz s'échappent en faible quantité, mais régulièrement, de son sol. Cependant, l'engin spatial s'était arrêté de fonctionner avant d'avoir pu en déterminer la composition, alors qu'il survolait la surface à moins de 50 mètres d'altitude. D'autres sondes martiennes ont aussi apporté des renseignements précieux sur Phobos, sans l'étudier spécifiquement.

Le maître d'oeuvre de la mission Phobos-Grunt est la compagnie russe NPO-Lavochkin.

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