Endeavour, mercredi 15 juillet à 18 h 03 locale (22 h 03 TU), emporte sept astronautes et le dernier élément du module japonais Kibo, pour la mission STS-127. © Nasa

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La navette Endeavour en route pour l'ISS, mais peut-être endommagée

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Le décollage de la navette spatiale Endeavour s'est déroulé comme prévu hier soir. Mais des morceaux de glace ou de mousse se sont détachés du réservoir principal et ont pu percuter la protection thermique du vaisseau spatial, qui devra être inspectée avant son arrimage sur l'ISS.

Enfin... Après cinq reports, la complexe mission STS-127 a pris le chemin de la Station spatiale internationale mercredi 15 juillet à 18 h 03, heure de Floride (jeudi 0 h 03 en heure française).

Mais une nouvelle fois, des débris se sont détachés du réservoir principal et ont heurté Endeavour. Les premiers ont été vus (grâce au télescope de poursuite) deux minutes après le décollage et les derniers quatre minutes plus tard. En tout, huit ou neuf morceaux ont été repérés.

Les dégâts occasionnés dépendent beaucoup de l'altitude à laquelle ils surviennent. Deux minutes après son décollage la navette spatiale est déjà à 45 kilomètres d'altitude (c'est à ce moment qu'elle largue ses deux boosters). A cette altitude, l'air est encore suffisamment dense pour que le choc de débris soit dangereux. Les morceaux qui viennent de se décoller, en effet, subissent un freinage brutal et acquièrent rapidement une vitesse relative élevée par rapport à la navette.

Mais à six minutes, l'atmosphère est très ténue et les débris, lorsqu'ils se détachent, ne ralentissent que lentement. Leur vitesse relative par rapport à la navette reste faible, durant quelques instants au moins car l'engin poursuit son accélération (elle est encore de 3 g à cette altitude). Ils ne risquent alors plus d'endommager la navette s'ils viennent à la heurter.

Une inspection indispensable

Les quatre minutes durant lesquelles ont été vus les morceaux lors du décollage de Endeavour se situent à cheval sur cette limite. Les premiers débris observés étaient potentiellement dangereux mais pas les derniers.

Bill Gerstenmaier, un des responsables de la Nasa, s'est fait porte-parole et a expliqué à la presse qu'on « peut clairement voir sur l'avant de la navette des marques blanches à l'endroit où les tuiles thermiques ont été heurtées ». C'est un tel impact qui est à l'origine de la destruction de la navette Columbia le premier février 2003. Toutefois, l'incident ne semble pas grave. « Nous ne considérons pas cela comme un problème » a affirmé Bill Gerstenmaier.

Il est cependant possible que des débris aient aussi touché la partie arrière de Endeavour, sur la surface inférieure (intrados) de l'aile. Des dommages à cet endroit rendrait risquée la rentrée dans l'atmosphère.

Avant son arrimage à la Station spatiale internationale (ISS), la navette, comme c'est la règle depuis la reprise des vols après l'accident de Colombia, effectuera une manœuvre, de sorte que sa protection thermique puisse être inspectée par les occupants de l'ISS.

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