Retour sur Terre de la navette Discovery après sa mission de 15 jours dans l'espace, en avril 2010 (STS-131). © Nasa

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Endeavour et Atlantis continueront-elles à voler ?

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United Space Alliance, l'agence gouvernementale en charge des navettes spatiales pour le compte de la Nasa, ne se résout pas à les abandonner en 2011, après le dernier vol prévu en juin. Elle vient de proposer à la Nasa un projet d'utilisation des navettes jusqu'en 2017.

Pour remplacer sa flotte de navettes dont les trois derniers vols sont prévus cette année, la Nasa a mis sur pied le partenariat public-privé CCDev dont la deuxième étape vient d'être lancée (l'équivalent de Cots qui, lui, concerne le fret). L'objectif de ce partenariat est d'étudier et d'accompagner des projets liés aux vols spatiaux du secteur privé.

Lors du premier cycle de ce programme (CCDev), quelque 50 millions de dollars avaient été attribués à Sierra Nevada, Boeing, United Launch Alliance, Blue Origin et Paragon Space Development pour pousser plus en avant leurs projets susceptibles d'être développés dans des délais raisonnables. Aujourd'hui, nouvelle étape avec CCDev 2. La Nasa s'apprête à distribuer quelque 200 millions de dollars pour les firmes retenues.

C'est dans ce cadre qu'United Space Alliance a fait sa proposition. Émanation de la Nasa, chargée de l'exploitation des navettes spatiales, l'USA a une idée : devenue indépendante de la Nasa, elle continuerait à faire voler Endeavour et Atlantis pour son propre compte, en la louant, en quelque sorte, à la Nasa. Discovery, elle, serait mise au rebut, vraisemblablement dans un musée. L'USA promet de garantir à la Nasa deux vols par an, de 2013 à 2017, pour un coût annuel de 1,5 milliard de dollars, soit environ 500 millions de moins que le coût d'exploitation actuel.  

United Space Alliance jouerait-elle la fibre patriotique ? 

Mais, ce ne sont pas les seuls intérêts. En effet, avec l'abandon des navettes, la Nasa se trouve sans moyen d'accès autonome à l'espace de sorte que les États-Unis vont dépendre des seules capacités russes pour envoyer des astronautes à bord de la Station spatiale. Et pour la ravitailler, elle dépendra alors des capacités russes, européennes et nippones, voire commerciales si les initiatives privées tiennent leurs promesses.

Pour limiter cette dépendance, la Nasa compte beaucoup sur le développement d'un secteur commercial, capable de prendre la relève des navettes, qu'elle pousse et finance à travers ses deux PPP. Cependant, pour United Space Alliance, l'idée d'un système de transport spatial opérationnel à l'horizon 2015 semble bien ambitieux, d'où sa proposition de faire voler les navettes jusqu'en 2017 pour réduire au maximum cette dépendance et les coûts qu'elle induit, concernant l'emploi et d'achat de billets à Roscosmos.

Plusieurs projets en concurrence 

United Space Alliance se trouve ainsi en concurrence avec les projets spatiaux de SpaceX (qui propose le lanceur Falcon 9 et la capsule Dragon), d'Orbital Sciences (et sa mininavette en collaboration avec Thales Alenia Space), de Boeing et son projet de capsule spatiale CST-100 et enfin d'ATK et Astrium qui comptent sur le lanceur Liberty pour lancer Orion.

Ces poids lourds du secteur spatial convoitent les contrats gouvernementaux qui seront passés pour le transport de passagers à destination de la Station spatiale. On notera que seuls SpaceX et Orbital Sciences soumettent un système de transport entièrement nouveau. Quant à United Space Alliance, elle est la seule entreprise qui propose de poursuivre l'aventure avec les navettes dont le premier vol remonte au 12 avril 1981 avec le décollage de Columbia.

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