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Salon du Bourget : l'Airbus A350 se vend et l'APM 40 Simba se montre

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Certes, c'est la crise, mais Airbus et Boeing commencent plutôt bien ce 48ème salon de l'aéronautique et de l'espace. Au chapitre des nouveautés présentées, le russe Sukhoï fait son entrée dans la cour des grands avec son biréacteur Superjet-100 et le français Issoire Aviation pousse un pion de plus en aviation de loisir avec le Simba.

Aux commandes de l'APM 40 Simba, Philippe Moniot réalise les premiers vols d'essais à proximité de l'aérodrome d'Issoire (Puy-de-Dôme, Auvergne), au sud de Clermont-Ferrand. © Issoire Aviation

C'est sous la pluie et une certaine morosité qu'a commencé hier lundi 16 juin le 48ème salon du Bourget. Chez les constructeurs d'avions de ligne, l'ambiance n'est pas à l'optimisme débridé. Boeing aurait sans doute aimé présenter son 787 Dreamliner mais l'accumulation des retards dans la mise au point de ce biréacteur de 210 à 330 places, avec un fuselage en fibres de carbone, lui a fait rater cette occasion, mais de peu. Alors qu'il devait voler au premier trimestre 2008, le 787, qui multiplie les innovations en matière de matériaux composites et d'informatique embarquée, devrait effectuer son premier vol d'essai à Seattle à la fin de ce mois de juin. Ce retard intervient dans un contexte économique difficile, avec des commandes qui n'ont rien de pléthoriques.

Il est clair que les clients ne se bousculeront pas à ce salon. Malgré tout, l'idée générale est qu'il ne faut pas céder au désespoir. Interrogé par The Canadian Press, Scott Carson, responsable de la division commerciale de Boeing, estime que « la situation économique a touché le fond ».

Airbus, lui, compte ses commandes, bien réelles. Le jour de l'ouverture du salon, Qatar Airways a officialisé l'achat de 24 A320 et A321, d'ici à 2012 pour un montant de 1,35 milliard d'euros. Ce mardi, Vietnam Airlines annonçait une commande 20 A320 mais aussi de deux A350, le futur long courrier biréacteur, concurrent direct du Boeing 787, le tout pour 1,4 milliard d'euros. On vient d'apprendre également que la France, l'Allemagne et l'Espagne, pays engagés dans la consortium Airbus, accorderont entre 3 et 3,5 milliards d'euros d'aides publiques à EADS pour le programme A350 XWB, l'appareil devant voler en 2012. Le Royaume-Uni, qui fait aussi partie du consortium, n'a pas encore décidé de sa participation.

Sur le segment des avions régionaux, le brésilien Embraer et le canadien Bombardier dominent le marché mais de nouveaux concurrents apparaissent. La Chine a lancé un AJR-21 et le russe Sukhoï vient de faire voler au Bourget un biréacteur SuperJet-100, un appareil moderne qui emmène 78 à 93 personnes à environ 4.000 kilomètres.

L'A350 XWB (pour eXtra Wide Body, depuis la modification du projet en 2006, qui a conduit à élargir le fuselage), un projet d'avion long courrier biréacteur, utilisant largement les matériaux composites, notamment pour les ailes. La commercialisation est prévue pour 2013. © Airbus

Une famille de lions au Bourget

Du côté de la petite aviation, on a pu voir le premier exemplaire d'un avion de tourisme français, l'APM 40 Simba. L'événement est rare et mérite d'être salué, d'autant que l'avion est innovant. Ce monomoteur à pistons quadriplace s'inscrit dans la lignée du Lionceau (APM 20, deux places) et du Lion (APM 30, trois places), conçus par Issoire Aviation, un entreprise devenue spécialiste des matériaux composites et qui réalise également des pièces destinées à des drones. Les APM, pour Avions Philippe Moniot, du nom de leur concepteur, patron d'Issoire Aviation, sont les premiers appareils de ce genre entièrement en fibres de carbone et agréés dans la catégorie VLA (Very Light Aeroplanes). Léger (490 kg à vide), il est équipé d'un moteur de seulement 125 chevaux (de marque Continental) entièrement contrôlé par l'électronique de bord (système Fadec, Full Authority Digital Engine Control).

Alors que le marché des avions de tourisme est plutôt en berne, avec un leader mondial (Cessna) qui ne s'en occupe plus guère et un ex-champion français (Apex, anciennement Robin) qui se porte très mal, avec une réglementation sclérosante qui complique la tâche des constructeurs et des utilisateurs et, enfin, avec le développement de l'ULM, qui bénéficie d'une réglementation plus stimulante, l'entreprise est louable...

C'est donc un petit avion, inscrit à la programmation des vols de ce mardi, qui a montré, avec Philippe Moniot aux commandes, que l'histoire de l'aviation s'écrit à toutes les échelles. Les ultra-légers, voire les avions électriques, ont eux aussi des domaines à explorer et des enseignements à nous apprendre...

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