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L'OMC, champ de bataille pour Airbus et Boeing après le Bourget

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Les Etats-Unis attaquent l'Union européenne devant l'OMC, l'accusant d'aider le programme Airbus avec des finances publiques. "C'est celui qui dit qui y est" répond en substance l'UE, qui accuse les Etats-Unis du même genre de soutien à Boeing.

Le futur A350, pomme de discorde entre Etats-Unis et Europe.
  • Galerie spéciale A380 

    Une longue bataille juridique vient de démarrer à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) entre les Etats-Unis et l'Union européenne à propos des aides publiques accordées à Airbus et Boeing. Ce n'est pas une première : l'américain a constamment accusé Airbus d'être soutenu par les quatre états à l'origine du projet, l'Allemagne, l'Espagne, la France (au sein d'EADS) et la Grande-Bretagne (avec BAE Systems), en violation des sacro-saintes règles du commerce international. En face, Airbus a toujours argué que Boeing recevait des aides indirectes, fiscales notamment, de la part des Etats-Unis.

    Dans un premier temps, les fleurets restaient mouchetés, d'autant que les deux compétiteurs ne jouaient pas dans la même catégorie : en 1999 encore, Boeing vendait deux fois plus d'avions qu'Airbus (620 contre 294). Mais les enjeux ont changé d'échelle, avec le succès du consortium européen sur fond de crise mondiale. En 2003, Airbus remportait le match, par 305 à 281, et confirmait l'année suivante, avec 320 à 285. En 2004, l'ambiance s'envenimait. Américains et Européens portaient l'affaire devant l'OMC, avant de suspendre les procédures en janvier 2005 pour tenter un compromis.

    On demande un arbitre

    Après l'échec de ces discussions en mai dernier, la bagarre repart de plus belle et la question de l'aide publique revient sur le tapis. Elle mérite à l'évidence d'être posée : on remarque que ce ne sont pas Boeing et Airbus qui ferraillent mais les Etats-Unis et l'Union européenne, preuve, s'il en était besoin, que des deux côtés de l'Atlantique les pouvoirs publics maternent leur industrie aéronautique.

    Les Etats-Unis, par la voix de Robert Portman, représentant américain pour le commerce extérieur, réclament la création d'un groupe d'arbitrage pour statuer sur la demande d'Airbus, qui chercherait 1,7 milliard de dollars d'argent public pour le lancement de l'A350. Le consortium européen, en train d'accoucher de l'A380, prépare en effet la gestation suivante, celle du biréacteur A350, concurrent direct du futur 787 Dreamliner de Boeing, prévu pour 2008.

    "Ce ne seront que des avances remboursables" rétorquent Airbus et l'Union européenne. Quant au montant de l'aide, les ministres des transports des quatre pays du consortium (les ministres "Airbus") ont déclaré le 13 juin, à l'occasion du Salon du Bourget, que son évaluation n'est pas à l'ordre du jour. "Et nous pouvons nous en passer" conclut Noël Forgeard, patron d'Airbus.

    Un partout, balle au centre

    Bruxelles a annoncé que l'UE lancerait elle aussi une procédure contre les aides publiques dont bénéficie Boeing, sous la forme de réductions fiscales et de subventions indirectes. "Boeing est soutenu par la Nasa et le Pentag

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