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ISS : la Nasa exclut Boeing pour le transport de fret vers la Station

ActualitéClassé sous :accès à l'espace , privatisation de l'accès à l'espace , ravitaillement de l'ISS

La Nasa semble avoir bien du mal à attribuer les futurs contrats de ravitaillement de la Station spatiale internationale (ISS). Pour la période 2018-2024, cinq firmes étaient en compétition. Deux viennent d'être éliminées, et non des moindres : Lockheed Martin et Boeing. Le choix de l'Agence spatiale américaine, attendu en début d'année, a été repoussé plusieurs fois. Il devrait être fait le 30 janvier 2016.

Après Lockheed Martin, Boeing est exclu du deuxième contrat de ravitaillement en fret de la Station spatiale internationale (ISS) pour la période 2018-2024. Ici, la capsule CST-100 Starliner de Boeing, sélectionnée pour transporter des astronautes de la Nasa. © Boeing

La Nasa a fait le pari du privé pour la desserte de l'orbite basse. Elle devait attribuer le 5 novembre le deuxième contrat pour le ravitaillement en fret de la Station spatiale internationale (CRS-2, Commercial Resupply Services 2). Cette attribution a été repoussée au 30 janvier 2016. Pour justifier ce report, la Nasa explique qu'elle a besoin de plus de temps pour réfléchir aux implications à long terme d'un marché aussi complexe et évaluer les propositions des entreprises encore en course.

Ce contrat a été conçu pour répondre aux besoins de la Nasa de 2018 à 2024, voire 2028 si l'utilisation de l'ISS est prolongée jusqu'à cette date. Pendant cette période, elle estime qu'elle devra acheminer annuellement à bord du complexe orbital jusqu'à 16,750 tonnes de fret pressurisé et environ 4 tonnes de marchandises non pressurisées.

À la clé, une somme de quelque 14 milliards de dollars (environ 13 milliards d'euros au cours actuel) que se partageront les firmes retenues. Trois véhicules de transport sont encore en compétition sur les cinq qui se sont déclarés après l'appel d’offres de la Nasa :

  • la capsule Dragon de SpaceX ;
  • le module de fret Cygnus d'Orbital et ATK ;
  • la mini navette Dream Chaser de Sierra Nevada.

Si, à l'origine, la Nasa souhaitait seulement deux prestataires de service, il semble acquis que ces trois sociétés seront sélectionnées. SpaceX propose une capsule orbitale, Orbital ATK un module de forme cylindrique sans aile et Sierra Nevada un véhicule ailé. En effet, la Nasa, qui développe de son côté la capsule Orion, ne veut pas dépendre de ce seul type de technologie pour le transport de passagers de l'exploration habitée du Système solaire. Elle a donc tout intérêt à sélectionner le Dream Chaser, au design similaire à celui de la navette spatiale.

La Station spatiale internationale vue en mai 2011. © Nasa

Deux fournisseurs historiques de la Nasa éliminés

Surprise : les deux élimés sont les fournisseurs historiques de la Nasa ! La proposition Lockheed Martin d'un véhicule en permanence dans l'espace et la version cargo de la capsule habitée Starliner (ex CST-100) de Boeing n'ont pas séduit l'Agence spatiale américaine. L'élimination de l'étonnant système de transport en deux parties dans lequel le cargo spatial est remplacé par un simple conteneur, imaginé par Lockheed Martin, peut se comprendre. En revanche, celle du Starliner de Boeing est plus surprenante. La version habitée avait en effet été sélectionnée pour transporter des astronautes à bord de l'ISS et les redescendre sur Terre dès 2017.

Pour rappel, SpaceX et Orbital Sciences se sont partagé le premier contrat CRS pour un montant initial de 3,6 milliards de dollars (3,35 milliards d'euros). En 2006 et 2008, pour la période du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2016, la Nasa a commandé douze vols à SpaceX pour un montant de 1,6 milliard de dollars (1,49 milliard d'euros) et huit vols à Orbital Sciences (évalués à moins de 2 milliards de dollars). Dans l'intervalle, et compte tenu des retards de développement et de l'ouverture du service commercial, le premier vol commercial de la capsule Dragon a eu lieu en octobre 2012 et le premier vol de ravitaillement du Cygnus en janvier 2014, ce premier contrat a été prolongé jusqu'en 2018 avec l'octroi de vols supplémentaires de fret à destination de l'ISS. SpaceX s'est vu accorder cinq vols supplémentaires de la Dragon et Orbital trois vols de plus pour le Cygnus.

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