La Station spatiale internationale avec de nombreux véhicules de transport amarrés, dont l'ATV et la navette qui ne sont plus en service. Il faut y ajouter aujourd'hui le Dragon de SpaceX et le Cygnus d'Orbital ATK et, demain, la version habitée du Dragon et le Starliner de Boeing, sans oublier un module gonflable en test et un port d'amarrage de secours. L'ISS commence à évoquer un ordinateur qui manquerait de prises USB... © Nasa

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Bientôt un module privé sur la Station spatiale pour la science et le tourisme

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Après la privatisation du ravitaillement de la Station spatiale et bientôt du transport d'astronautes, la Nasa va statuer sur une autre demande : l'ancien directeur de l'agence spatiale américaine, qui était chargé du programme de l'ISS, veut y amarrer son propre module, qu'il louera pour des expériences scientifiques ou du tourisme.

Alors que des sociétés privées ravitaillent en fret la Station spatiale internationale (Orbital ATK, SpaceX et bientôt Sierra Nevada) et que SpaceX et Boeing ont signé avec la Nasa deux contrats pour transporter ses astronautes entre le sol et le complexe orbital, une société privée américaine veut y amarrer en permanence son propre module.

Et l'homme qui porte ce projet connaît bien son affaire puisqu'il s'agit de Mike Suffredini, un ancien de la Nasa qui occupait le poste de gestionnaire du programme de la Station spatiale internationale. Depuis qu'il a quitté cette fonction, en octobre 2015, il a rejoint le secteur privé et cofondé la société Axiom Space LLC pour faire aboutir son idée.

Ce module doit servir d'élément précurseur à une future station spatiale privée qui pourrait voir le jour dès que la fin de vie du complexe orbital aura été actée, au plus tard en 2028. Cette idée est tout sauf saugrenue. Une étude de marché, commandée par Axiom Space, conclut que pour la décennie 2020-2030 il existe un marché potentiel de quelque 37 milliards de dollars pour une station spatiale privée alimentée par des contrats gouvernementaux et privés.

Au premier plan, un des ports d'amarrage du module Harmony, celui sur lequel venait se « docker » la navette spatiale. Cette image date de février 2008, lors de l'installation du laboratoire européen de l'Esa Columbus. © Nasa

Un calendrier étonnamment optimiste

Mike Suffredini veut aller vite et souhaite que son module soit en service dès 2020 ou 2021. Sa construction devrait débuter dès le mois de janvier 2017 si la société obtient les fonds nécessaires. Pour l'instant, le constructeur du module n'est pas connu.


La taille et la masse de ce module seront évidemment contraintes par les capacités de transport et la taille des coiffes des lanceurs en service aujourd'hui. Amarré à la Station spatiale, il sera utilisé à des fins commerciales (pour des expériences) et de tourisme spatial. Pendant les périodes d'inoccupation, il pourra être utilisé par la Nasa. Enfin, Mike Suffredini souhaite le récupérer lorsque l'ISS sera abandonnée. Il sera alors séparé du complexe orbital et deviendrait le noyau d'une future station auquel on ajouterait d'autres structures, dont un module de service, un nœud de jonction et un sas de sortie dans l'espace.

Des contacts ont été pris avec différents constructeurs américains et européens. Cependant, Mike Suffredini exclut l'utilisation d'un module gonflable de type de celui que Bigelow Aerospace teste actuellement sur l’ISS, jugeant cette technologie immature. Par aillleurs, il est vrai, les futurs modules gonflables de Bigelow lui feront directement concurrence... En avril, Bigelow a annoncé qu'elle avait entamé des discussions avec la Nasa sur la possibilité d'amarrer à l'ISS un autre module de sa gamme. Avec ses 20 tonnes et ses 330 m3 d'espace intérieur, ce B330 offrira trois fois plus d'espace habitable que le module Destiny. Surtout, il est le précurseur d'une station spatiale qu'envisage de réaliser Bigelow Aerospace d'ici une quinzaine d'années.

Ce qui pourrait contrarier ce projet, c'est moins le financement que le manque de place ! En effet, il est possible que la partie non russe de la Station spatiale ne puisse accueillir deux modules supplémentaires. Les ports d’amarrage sont devenus une ressource précieuse car le trafic à destination de l'ISS est dense. En plus des véhicules de ravitaillement russes, japonais et américains, la Station doit également accueillir en permanence deux véhicules de transport d'astronautes Soyouz. Ils sont amarrés côté russe mais la Nasa doit tenir compte que, d'ici 18 à 24 mois, les sociétés Boeing et SpaceX ouvriront leur service commercial de transport d'astronautes. La Station a été reconfigurée pour tenir compte de l'arrivée prochaine de la version habitée du Dragon et du Starliner de Boeing mais la Nasa n'échappera à une réflexion sur l'ajout de ports d'amarrage supplémentaires.

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